Une ambition portée au plus haut niveau
La pose de la première pierre d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Farcha, dans la banlieue de N’Djamena, a donné lundi au ministre de l’Energie, Mourad Adjal, l’occasion de mesurer le chemin parcouru. En à peine quelques jours, Sonelgaz International a inauguré une centrale à Niamey et lancé les travaux d’une deuxième au Tchad. Le rythme parle de lui-même. C’est en marge de la cérémonie, coprésidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb et son homologue tchadien Allamaye Halina, que le ministre Adjal a exposé la doctrine algérienne en matière d’investissement énergétique sur le continent. «Le déploiement au-delà des frontières nationales et la matérialisation par l’Algérie de l’investissement escompté en Afrique interviennent en concrétisation des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à investir les marchés africains, notamment après la réalisation de l’autosuffisance énergétique au niveau national et l’acquisition, par les compétences algériennes, d’un haut niveau d’expertise dans ce domaine», a-t-il déclaré à l’APS.
Le ministre a annoncé qu’une équipe de Sonelgaz International se rendra à N’Djamena dès la semaine prochaine pour lancer une étude technique globale de réhabilitation et de rénovation du réseau électrique local. «L’augmentation des capacités de production impose le développement de réseaux de transport et de distribution adaptés au volume d’énergie produite», a-t-il précisé, signalant que construire des centrales ne suffit pas si les lignes ne suivent pas.
Cette dimension réseau est centrale. Une centrale de 40 MW livrée dans un pays sans infrastructure de transport adéquate reste sous-exploitée. Sonelgaz International semble avoir tiré la leçon de ses premières expériences africaines.
Des demandes qui s’accumulent
Côte d’Ivoire, Mozambique — la liste s’allonge. Le ministère de l’Energie et le groupe Sonelgaz «reçoivent des demandes croissantes de plusieurs pays africains», a révélé Adjal, en précisant leur nature : «la réalisation de centrales électriques, la mise en place de réseaux de transport d’électricité à très haute tension, ainsi que l’acquisition d’équipements et de matériel électriques». Ce sont des marchés à fort potentiel, dans des pays qui peinent à couvrir leur consommation intérieure.
Cette dynamique «ouvre des perspectives très prometteuses, compte tenu de l’excellente réputation et de la place prestigieuse dont jouit Sonelgaz International à l’échelle africaine», a ajouté le ministre.
80% du déficit tchadien couvert
Du côté tchadien, les chiffres sont parlants. Le directeur général de TchadElec, Saleh Ben Haliki, a indiqué que la future centrale — équipée de deux turbines à gaz — couvrira «à plus de 80%» le déficit énergétique du pays. En période de pointe, le Tchad accuse un déficit d’environ 60 mégawatts. Les délestages atteignaient 40% du temps. La centrale algérienne doit changer cela pour les habitants de N’Djamena et ses quartiers périphériques.
Ben Haliki s’est dit «pleinement confiant dans le sérieux de la réalisation de cette centrale, pour sa livraison dans les plus brefs délais», et a annoncé que le Tchad demande d’ores et déjà une augmentation future de la capacité de production. Il a aussi rendu hommage à «la grandeur des positions historiques de solidarité de l’Algérie sur le continent africain».
Son ministre de l’Eau et de l’Energie, Passalé Kanabé Marcelin, a abondé dans le même sens, estimant que ce projet «contribuera à atténuer la pression à laquelle le Tchad est confronté, tout en réduisant le déficit important enregistré dans ce secteur».
Amar Malki

