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L’Algérie fait son entrée dans le monde de l’IA générative

Il s’appelle Mouissat Rabah Abderrahmane, il est chercheur à l’Université Kasdi-Merbah d’Ouargla, et son travail vient d’être remarqué là où peu de scientifiques du monde arabe parviennent à se faire entendre. La plateforme internationale « Featherless-AI », spécialisée dans les modèles d’intelligence artificielle, a officiellement adopté son projet baptisé « Ara-Code-7B » — un modèle de programmation conçu entièrement pour la langue arabe. Une reconnaissance qui dépasse le cadre académique local et s’inscrit dans un débat mondial sur la place des langues non occidentales dans l’écosystème de l’IA.

L’enjeu est loin d’être anecdotique. À l’heure où les grandes plateformes technologiques structurent la production et la diffusion du savoir numérique, la langue arabe reste largement sous-représentée dans les outils d’intelligence artificielle dédiés à l’informatique et à la programmation. C’est précisément cette lacune qu’a voulu combler le chercheur algérien. « Ara-Code-7B vise, outre la programmation, la simplification des codes informatiques en arabe, permettant aux chercheurs, développeurs et étudiants d’assimiler la programmation linguistique des notions technologiques et numériques complexes en langue arabe », a-t-il expliqué à l’APS.

Concrètement, le modèle ne se contente pas de traduire des lignes de code. Il est conçu pour suggérer des solutions informatiques, insérer intelligemment des séquences en arabe et fonctionner comme un véritable outil pédagogique et technique. « Ce modèle permet d’en faire un support didactique et technologique à même d’étayer le contenu numérique arabe dans les domaines de l’IA et de l’informatique », a précisé Mouissat. Une ambition qui répond à une demande croissante, dans le monde arabophone, de disposer d’instruments capables d’opérer dans cette langue sans passer par l’intermédiaire de l’anglais ou du français.

Le chercheur ne cache pas ses perspectives à long terme. « J’ambitionne de développer des modèles d’IA algériens aptes à contribuer à des solutions technologiques innovantes au service des secteurs de l’éducation et des technologies », dit-il, avec la sobriété de quelqu’un qui mesure l’ampleur du chemin restant à parcourir autant que celle du pas déjà franchi.

Pour l’Université Kasdi-Merbah, cet aboutissement prend une signification particulière. Cet exploit, souligne-t-on dans son entourage, « reflète le niveau scientifique atteint par les promus de l’UKMO et atteste de sa capacité à former des compétences en mesure de s’imposer dans le domaine de l’innovation technologique moderne ». Dans un secteur dominé par quelques géants technologiques occidentaux et asiatiques, l’adoption d’un modèle conçu à Ouargla par une plateforme mondiale constitue, au-delà du symbole, un signal : la diversité linguistique de l’IA se construit aussi depuis la périphérie. Il met aussi en avant la mise en place de capacités réelles en Algérie capables de porter ses ambitions en matière d’IA.

Samir Benisid

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