EPS : Journée de sensibilisation sur la sécurité portuaire
L’Entreprise Portuaire de Skikda (EPS) et la Caisse Nationale des Assurances Sociales (CNAS) ont récemment organisé à la gare maritime de l’ancien port une journée de sensibilisation consacrée à la sécurité au travail, abordant pour la première fois de manière structurée la question de la santé mentale des travailleurs portuaires aux côtés des risques physiques traditionnels. Longtemps réduite au port des équipements de protection individuelle — casque, chaussures de sécurité — et à la prévention des accidents liés aux opérations de manutention, la notion de sécurité portuaire s’élargit à une dimension plus globale. Placée sous le slogan « Un environnement de travail sûr et sain », cette rencontre marque un tournant dans la gestion des métiers à haut risque, où la vigilance psychologique devient aussi déterminante que la prévention des blessures corporelles. Les échanges ont mis en lumière des problématiques souvent sous-estimées dans les milieux industriels. Si les interventions des équipes médicales de la Protection civile ont rappelé les fondamentaux en matière de premiers secours et de prévention sanitaire, c’est surtout l’alerte lancée sur les addictions en milieu professionnel qui a retenu l’attention. L’intervention d’une psychologue clinicienne a souligné l’impact direct des dépendances et des fragilités psychologiques sur la sécurité opérationnelle. Dans un environnement portuaire où la moindre erreur humaine peut entraîner des conséquences graves — notamment chez les grutiers, les dockers ou les marins —, la prise en charge de la santé mentale s’impose comme un levier de prévention à part entière. La détresse psychologique, les conduites addictives et le stress chronique ne sont plus considérés comme des facteurs périphériques, mais comme des risques professionnels majeurs. Cette approche repose également sur une dynamique de coordination renforcée entre institutions. Autour de la CNAS et de la cellule HSE de l’EPS, plusieurs acteurs clés ont contribué à cette journée, dont l’Inspection du travail, la Protection civile et les services de la médecine du travail. Cette synergie a permis de croiser les expertises administratives, médicales et opérationnelles dans une logique de prévention intégrée. Sur le terrain, les travailleurs — dockers, agents de sécurité, marins et ouvriers des ateliers — ont pris une part active aux échanges, dépassant le cadre d’une simple session d’information. Ce dialogue direct entre encadrement institutionnel et réalité du terrain a renforcé l’idée que la sécurité portuaire ne peut être efficace sans appropriation collective. Au-delà de son caractère pédagogique, cette initiative traduit une orientation claire : dans un site stratégique comme le port de Skikda, la prévention est un enjeu de performance autant qu’une exigence humaine. Chaque accident évité représente à la fois une vie protégée et une continuité opérationnelle préservée.
Sofia Chahine

