Infrastructures : Djellaoui ordonne l’assainissement de la nomenclature des investissements
Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base engage un travail de rationalisation de ses dépenses. Réunissant samedi à Alger les directeurs généraux de ses principaux opérateurs, le ministre Abdelkader Djellaoui a mis l’accent sur la nécessité d’« assainir la nomenclature des investissements et d’améliorer les mécanismes de programmation et de suivi », selon les termes du communiqué du secteur, « afin de renforcer l’efficacité de la gestion des projets et de rationaliser les dépenses publiques ». Ce recadrage intervient dans un contexte de montée en charge exceptionnelle du portefeuille de projets. L’Algérie mène simultanément l’un des programmes d’infrastructures les plus ambitieux de son histoire : autoroutes, ports, chemins de fer, transport guidé urbain. L’enjeu de la réunion de samedi n’était pas seulement de faire le bilan — il s’agissait aussi de préparer les programmes d’investissement des prochaines années, en tirant les leçons de la période septembre 2025-juin 2026.
Ferroviaire, portuaire, routier : un chantier national
La réunion, dixième du genre dans le cadre des rencontres périodiques du ministre avec ses cadres, a associé l’ANESRIF (Agence nationale d’études et de suivi des investissements ferroviaires), l’ANRIP (Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires), l’Algérienne des autoroutes (ADA) et la SEMA, société qui exploite le métro d’Alger. Un panorama qui donne la mesure de l’ampleur du programme en cours.
Côté ferroviaire, la ligne minière de l’est — reliant les gisements de phosphate de Tébessa et Souk Ahras au port d’Annaba sur quelque 240 kilomètres — figure parmi les projets les plus stratégiques, avec une enveloppe estimée à plusieurs centaines de milliards de dinars. Elle est conçue pour sécuriser l’export des minerais et désengorger un corridor routier saturé. À Alger, la ligne 1 du tramway et les extensions du métro continuent leur progression, tandis que le projet du téléphérique reliant plusieurs communes de la capitale avance lui aussi.
Sur l’axe autoroutier, la jonction Est-Ouest reste le référentiel du secteur depuis son inauguration partielle, mais les programmes de soutien aux wilayas — désenclavement des Hauts-Plateaux et du Grand Sud — mobilisent désormais une part croissante des crédits. L’amélioration du réseau routier de wilaya et des pistes rurales fait partie des projets examinés lors de la réunion. L’assainissement de la nomenclature évoqué par le communiqué ministeriel répond à une réalité documentée : la multiplication des projets inscrits, parfois sans financement sécurisé ou sans études suffisamment avancées, a pesé sur les délais et les coûts. La révision des mécanismes de programmation vise à corriger ce travers en conditionnant l’inscription de nouveaux projets à un niveau minimal de maturité technique et financière. La réunion a également examiné le « parachèvement des projets à caractère stratégique ».
Amar Malki

