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Lutte contre le cancer : Alger et le CIRC tracent une feuille de route commune

Le ministre de la Santé Mohamed Seddik Aït Messaoudene a reçu samedi à Alger la directrice du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), Elizabete Weiderpass, pour arrêter les contours d’un partenariat renforcé entre l’Algérie et l’agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé. Deux dossiers concrets sont sortis de la rencontre, le lancement, dès l’année scolaire 2026-2027, d’un programme de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), et l’examen de l’adhésion formelle de l’Algérie au CIRC.

La réunion s’est tenue en marge de la Conférence internationale sur la recherche sur le cancer organisée par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, en présence du président de la commission Adda Bounedjar et du président du Conseil du renouveau économique algérien Kamel Moula.  Le ministre a d’abord rappelé ce sur quoi repose l’ambition algérienne en matière de lutte contre le cancer. La stratégie nationale 2025-2035, dont il a précisé que «les recherches scientifiques et cliniques constituent l’un des axes essentiels, en raison de leur rôle dans l’amélioration des méthodes de diagnostic, de traitement et d’évaluation des programmes de santé». Pour y parvenir, le système d’information sanitaire doit suivre. Aït Messaoudene a insisté sur «l’importance de généraliser le dossier médical électronique et l’identifiant national de santé, pour fournir des données médicales fiables permettant de soutenir la prise de décision et de contribuer au développement de la recherche scientifique et clinique». Sans données fiables, pas de registre du cancer solide. Sans registre, pas de politique de prévention fondée sur des faits.

La prévention justement. Le ministre a mis en avant le «rôle pivot» de la santé de proximité dans le dépistage précoce, à travers «le renforcement des services de soins de santé primaires et l’intensification des campagnes d’information, de sensibilisation et de dépistage précoce, ce qui permet un diagnostic aux premiers stades de la maladie et augmente les chances de guérison». Les deux parties ont évoqué selon le communiqué du ministère «les moyens de renforcer les domaines de la recherche clinique, de développer les registres du cancer et d’élaborer une feuille de route pour le dépistage précoce et la vaccination contre le HPV».

De son côté, Elizabete Weiderpass a salué les avancées algériennes en matière de promotion de la santé de proximité, tout en soulignant «l’importance de poursuivre l’investissement dans les programmes de dépistage précoce, de sensibilisation sanitaire et de recherche scientifique». Elle a réaffirmé «la disponibilité du CIRC à accompagner l’Algérie, à travers un soutien scientifique et méthodologique, le renforcement de la formation au profit des jeunes chercheurs, ainsi que le développement de la coopération en matière de recherche et des partenariats internationaux». Une ouverture que l’Algérie entend saisir, y compris sur le plan institutionnel, puisque les perspectives d’adhésion au CIRC ont été explicitement examinées lors de la rencontre.

Les deux parties ont conclu en réitérant «leur volonté de renforcer la coopération et de tirer profit de l’expertise du CIRC, de manière à contribuer au développement des mécanismes de prévention et de prise en charge, et à soutenir la recherche et l’innovation dans le domaine de la lutte contre le cancer».

R.N.

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