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27 morts dans un accident de bus à Boumerdès : Le débat sur la sécurité routière relancé

Pas moins de 27 personnes ont perdu la vie et 42 autres ont été blessées, vendredi, après le renversement d’un autobus assurant la liaison Sétif-Boumerdès dans un ravin à Berrahmoune El-Karma, sur la RN 24, relançant avec une acuité particulière le débat sur la sécurité du transport en commun en Algérie, moins d’un an après le drame d’Oued El Harrach.

Selon le bilan communiqué samedi par la Protection civile, ce week-end a été marqué par une hécatombe routière. Au total, 44 personnes ont trouvé la mort et 638 autres ont été blessées en seulement 48 heures à travers plusieurs wilayas du pays. Outre le drame de Boumerdès, un second accident meurtrier s’est produit à Timimoun, où une collision entre un autobus reliant Batna à Adrar et un camion, survenue samedi à l’aube sur la RN51, a fait 4 morts et 43 blessés. Les secours, intervenus dès 5h54, ont prodigué les premiers soins avant l’évacuation des victimes vers l’hôpital local.

Le drame de Boumerdès reste néanmoins le plus marquant et ravive le souvenir de l’accident du 15 août 2025 à Oued El Harrach, à Alger, qui avait coûté la vie à 18 personnes et fait 25 blessés. Depuis, les pouvoirs publics avaient annoncé un renforcement des contrôles, l’importation de nouveaux bus destinés à renouveler un parc jugé vétuste, ainsi qu’une révision du Code de la route dans un sens plus répressif. Ces mesures n’ont visiblement pas suffi à endiguer la série noire des accidents impliquant des autocars, souvent anciens et mal entretenus, conduits à vive allure par des chauffeurs peu enclins à respecter les limitations de vitesse.

Le véhicule impliqué dans l’accident de Boumerdès aurait quinze ans d’ancienneté, un âge jugé considérable pour un autocar parcourant plusieurs milliers de kilomètres chaque mois. Un témoin présent peu après les faits a décrit, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un scénario glaçant, les freins auraient subitement lâché, précipitant le bus contre la glissière de sécurité avant qu’il ne bascule dans le ravin en effectuant plusieurs tonneaux.

Le ministre de l’Intérieur annonce une enquête approfondie

Dépêché sur place dès vendredi, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a confirmé que les services de sécurité s’attelaient à établir les circonstances exactes du drame. « Les autorités sécuritaires mènent les enquêtes nécessaires pour élucider les circonstances » de l’accident, a-t-il déclaré à la presse, précisant que « les autorités publiques ont mobilisé tous les moyens nécessaires pour la prise en charge des blessés ». Le ministre a également présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, admis dans les hôpitaux de Boumerdès et d’Alger, Salim-Zemirli, Mustapha-Pacha et Lamine Debaghine.

Le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a de son côté promis une réponse judiciaire sans concession, avertissant que « la justice frappera d’une main de fer, sans la moindre indulgence, après les investigations qui permettront d’élucider les circonstances de cet accident ». Un deuil national de trois jours a été décrété, avec mise en berne de l’emblème national sur l’ensemble du territoire.

Le Premier ministre en appelle à la responsabilité des transporteurs

Mandaté par le président de la République, le chef du gouvernement, Sifi Ghrieb, s’est rendu dès vendredi sur les lieux du drame avant d’enchaîner les visites dans les établissements hospitaliers de Boumerdès et d’Alger. S’adressant directement à la corporation des transporteurs, il a lancé un avertissement sans détour. « La vie des voyageurs qui vous est confiée est une responsabilité entre vos mains », a-t-il indiqué. Il a précisé que « toutes les directives nécessaires » avaient été données pour garantir une prise en charge optimale des blessés. Au chevet des victimes, M. Ghrieb a assuré les familles de la pleine mobilisation de l’État. « L’État a mobilisé tous les moyens humains, matériels et logistiques pour assurer une prise en charge optimale des blessés et pour accompagner les familles des victimes dans ces circonstances douloureuses », a-t-il affirmé, avant de saluer, au terme de sa tournée hospitalière, le travail des équipes médicales mobilisées pour soigner les rescapés.

Au-delà de l’émotion suscitée par ce nouveau bilan macabre, la répétition des drames impliquant des autocars relance la question des réformes structurelles du secteur. Nombre d’observateurs estiment que les campagnes de sensibilisation et le seul durcissement du Code de la route ne suffisent plus face à des chauffeurs qui continuent de rouler à des vitesses excessives, au volant de véhicules vieillissants et mal entretenus.

En attendant les conclusions de l’enquête des services de gendarmerie, qui devront déterminer les responsabilités exactes, l’Algérie pleure une nouvelle fois ses morts de la route, dans un pays où le transport par autocar continue de faire payer un lourd tribut humain à chaque saison estivale.

Samir Benisid

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