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Modernisation du secteur bancaire et digitalisation : La Banque d’Algérie met les banques au pied du mur

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Lamine Lebbou, a réuni dimanche à Alger les dirigeants de l’ensemble des banques commerciales pour dresser un bilan sans concession du secteur et accélérer la transformation digitale, l’inclusion financière et la modernisation des systèmes de paiement, dans un contexte où l’économie nationale attend toujours de son appareil bancaire qu’il soit un véritable levier de développement. Mohamed Lamine Lebbou, a voulu marquer le coup. L’enjeu est de passer au crible les performances d’un secteur bancaire encore à la traîne sur plusieurs fronts stratégiques comme la digitalisation, l’accès aux services financiers et la diversification des produits et tracer une feuille de route crédible pour les mois à venir. La rencontre, qui s’est tenue en présence des vice-gouverneurs et des hauts cadres de la BA, s’inscrit, comme le précise le communiqué de l’institution, « dans le cadre du dialogue continu entre l’autorité monétaire et les acteurs du secteur bancaire, visant à évaluer les performances récentes du système bancaire national et à tracer les perspectives de son évolution ». Un dialogue que la BA entend manifestement hausser d’un cran.

Au menu des discussions, « le bilan de l’activité bancaire, l’évaluation des mesures de politique monétaire, l’accélération de l’inclusion financière et de la monétique, ainsi que les défis stratégiques auxquels fait face le secteur ». Autant dire que rien n’a été laissé de côté. Le gouverneur a notamment dressé « un état des lieux des évolutions récentes de l’activité bancaire », soulignant, selon le communiqué, que « les indicateurs sectoriels mettent en évidence une consolidation de la collecte des ressources et un engagement soutenu dans le financement de l’économie ». Un satisfecit relatif, qui ne saurait masquer les chantiers titanesques qui restent à mener.

Car c’est bien sur le terrain de la modernisation que la pression s’accentue. Le communiqué de la BA note qu’« un accent particulier a été mis sur la transformation digitale du secteur, levier majeur de l’inclusion financière notamment les questions liées à la modernisation des systèmes et moyens de paiement ». Le message est clair, le statu quo n’est plus une option.

Stabilité financière

Sur le plan de la politique monétaire, la BA a rappelé les mesures « récemment mises en œuvre qui visent l’objectif d’assurer la stabilité des prix, tout en maintenant des conditions de financement optimales pour soutenir la production nationale en veillant à la stabilité financière ». Un exercice d’équilibriste permanent entre maîtrise de l’inflation et soutien à la croissance, dans un environnement international toujours incertain. Les banques commerciales, elles, ont été « invitées à diversifier leurs produits, à améliorer la qualité des services de proximité et à faciliter l’accès aux services financiers pour l’ensemble des citoyens et des entreprises sur tout le territoire national ». Une injonction qui résonne comme un rappel à l’ordre pour des établissements souvent critiqués pour la faiblesse de leur maillage territorial et la rigidité de leurs offres. Mohamed Lamine Lebbou « a également souligné l’importance qu’accorde la Banque d’Algérie à la mise en œuvre de ses orientations à même d’assurer la transformation et la modernisation du système bancaire pour une meilleure inclusion et résilience au service du développement économique national ». en termes plus clairs, le système bancaire algérien doit cesser d’être un frein et devenir enfin un accélérateur de l’économie productive.

Amar Malki

admin

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