Formation professionnelle : « Sanâa » mise sur le terrain
Pas moins de 173.800. Le chiffre suffit à mesurer l’ampleur prise par le programme « Sanâa » depuis son lancement. Lundi, la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, s’est rendue dans plusieurs centres et instituts du secteur à Alger pour voir de près comment se déroule la phase de formation. Sur place, Mme Arhab a rappelé la vocation première du dispositif, celle de «permettre aux jeunes d’acquérir les compétences et connaissances de base dans diverses spécialités professionnelles, à travers une formation de 90 heures pour chaque stagiaire, favorisant ainsi leur insertion dans la vie professionnelle ou le développement de leurs futurs projets». Le format est volontairement court et ciblé. C’est une mise à niveau opérationnelle pensée pour des jeunes qui veulent entrer vite sur le marché du travail ou poser les premières briques d’un projet.
La ministre a assisté au déroulement des cours théoriques et pratiques, échangé avec les stagiaires et les encadreurs, et vérifié les conditions d’accueil ainsi que les moyens pédagogiques mobilisés. Devant les formateurs et le personnel administratif, Mme Arhab a tenu à saluer publiquement leur engagement, insistant sur «l’importance de garantir les meilleures conditions pédagogiques et organisationnelles afin d’offrir une formation de qualité répondant aux attentes des jeunes et contribuant à renforcer la culture du travail, ainsi que l’acquisition de compétences professionnelles». Le message s’adressait autant aux équipes présentes qu’à l’ensemble du dispositif national.
Car « Sanâa » a rapidement débordé les projections initiales. Selon le communiqué du ministère publié mardi, «le nombre d’inscrits a atteint 173.800 personnes, dont 114.133 bénéficiaires admis et orientés, à travers plus de 600 centres et instituts de formation et d’enseignement professionnels». Pour couvrir cette montée en charge, «plus de 2.000 formateurs et encadreurs sont mobilisés dans les wilayas concernées», précise la même source.
Ces chiffres reflètent un engouement qui a surpris même les responsables du secteur. En quelques semaines, le programme s’est imposé comme l’un des dispositifs d’insertion les plus suivis de ces dernières années dans le domaine de la formation professionnelle. La formule, 90 heures, gratuites, ouvertes à tous les jeunes sans condition de niveau scolaire préalable, a visiblement touché une cible que les cursus classiques atteignaient mal, soit des jeunes hors système, en attente d’une première qualification reconnue.
Le programme « Sanâa », dont le nom renvoie en arabe à l’artisanat et au savoir-faire, s’inscrit dans une politique plus large de diversification des voies d’accès à l’emploi. L’ambition affichée n’est pas de concurrencer la formation longue, mais de combler un vide et donner à ceux qui sont restés sur le bord du chemin les outils minimaux pour s’insérer ou entreprendre. Le ministère a aussi mis en place un programme de suivi régulier pour s’assurer que la dynamique ne s’essouffle pas entre l’engouement des inscriptions et l’effectivité de la formation.
Massinissa Raïs

