Une nouvelle politique de l’auteur et du cinéma
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé samedi à Alger, par délégation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la cérémonie de célébration de la Journée nationale de l’artiste, organisée au Centre international de conférences « Abdelatif-Rahal », à l’occasion de laquelle la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a détaillé les grands axes de la politique culturelle de l’État en faveur de la création artistique.
Devant un parterre de professionnels du secteur, la ministre a d’abord replacé cette célébration dans le cadre des orientations présidentielles, affirmant que les instructions du chef de l’État « insistent sur la nécessité de protéger l’artiste » et d’« instaurer un environnement créatif lui permettant de travailler ». Selon elle, cet objectif guide l’action de son département à travers « la complémentarité entre les textes et les législations, les espaces et lieux de pratique artistique, ainsi que la créativité et l’effort qui permettent assurément d’atteindre les résultats escomptés ».
La cérémonie a notamment été marquée par la remise du Prix du président de la République pour les jeunes créateurs « Ali Maachi », édition 2026, décerné à l’occasion de cette Journée nationale de l’artiste, commémorée chaque 8 juin. S’adressant aux lauréats et à l’ensemble de la famille artistique, Mme Bendouda les a invités à réfléchir à « l’encadrement de leurs efforts avec le soutien de l’État algérien afin de pouvoir surmonter les mutations du marché de l’art et s’intégrer dans la phase de production, de promotion et de valorisation des revenus à travers la matière artistique qu’ils proposent ». Elle les a également appelés à « défendre la qualité artistique et l’exigence de l’art » et à « faire face à la prolifération anarchique du contrefait, en reproduisant les esthétiques aussi bien héritées qu’innovantes ».
4 millions de spectateurs à l’horizon 2030
Dans un autre registre, la ministre a évoqué l’émission par Algérie Poste d’une série de timbres commémoratifs intitulée « Femmes et hommes du cinéma », à l’occasion de la Journée de l’artiste, présentée comme s’inscrivant dans une démarche de « valorisation du patrimoine culturel » algérien. Cette initiative constitue, a-t-elle précisé, « un acte de reconnaissance nationale visant à préserver notre mémoire collective de l’oubli », des timbres qu’elle a qualifiés également de « décorations d’éternité apposées sur la poitrine de la mémoire nationale ». Sont ainsi honorés le cinéaste de renommée internationale Mohamed Lakhdar-Hamina, l’icône Baya Bouzar dite Biyouna, le grand nom de la création Hassan El Hassani dit Boubegra, la regrettée et talentueuse Wardia Hamitouche, l’artiste hors pair Sid Ali Kouiret, ainsi que Chafia Boudraa, dite Lalla Aïni, et le génie de la comédie Ahmed Ayad dit Rouiched.
Sur le volet de l’essor de l’industrie cinématographique, Mme Bendouda a indiqué que le secteur passe désormais de la phase de « soutien à la production » à celle de « la mise en place d’une politique nationale globale de l’auteur et du paysage cinématographique ». Elle a souligné que l’année 2026 représente « une étape charnière », avec l’activation du Fonds national de développement de l’industrie cinématographique, dont la commission spécialisée a entamé « cette semaine » l’examen des dossiers de subvention, pour la deuxième fois depuis le début de l’année. La ministre a par ailleurs annoncé que cette année « verra la sortie de dix films algériens en salles, parallèlement au renforcement du réseau de diffusion par 19 nouveaux écrans numériques DCP dans différentes villes, dans l’objectif d’atteindre 4 millions de spectateurs à l’horizon 2030 ». Elle a également assuré que l’État algérien « poursuit l’accompagnement des grandes productions cinématographiques consacrées à nos figures emblématiques, à l’image de l’Émir Abdelkader (…), ainsi que la célébration de la femme algérienne et de son rayonnement à travers des films dédiés à Warda El Djazaïria, Caïda Halima et … ».
Théâtre, livre et musique : de nouveaux dispositifs annoncés
Concernant le théâtre, et « à l’occasion de la célébration cette année du centenaire du Théâtre national algérien», Mme Bendouda a annoncé la « création d’un organe national du théâtre destiné à servir d’incubateur pour les créateurs de la scène », ainsi que le « soutien à des projets théâtraux visant à perpétuer les œuvres du théâtre algérien à travers un siècle de production et d’excellence ». S’agissant du livre, elle a fait part de la « création d’un établissement du Salon du livre chargé de promouvoir et d’encadrer l’acte de lecture ». Sur le plan musical, elle a évoqué le lancement de l’Orchestre philharmonique international d’Algérie, appelé à devenir « un ambassadeur de la musique algérienne raffinée dans les grandes scènes internationales ».
Sur le plan des manifestations culturelles, la ministre s’est félicitée de « la vitalité du paysage des festivals » cette année, marquée par la création du Festival du livre pour enfants et du Festival « Panorama du cinéma », ainsi que par le retour de rendez-vous historiques, à l’instar du Festival international de musique jazz et du Festival national de musique et de danse diwane.
Pour rappel, cette manifestation annuelle, organisée sous le haut patronage du président de la République, vise à reconnaître le rôle majeur de la famille artistique algérienne au service Mohand Seghir

