Université Badji Mokhtar d’Annaba : Les doctorants à l’école des logiciels libres
La troisième journée de l’École Linux et des logiciels libres, organisée à l’Université Badji Mokhtar d’Annaba, a confirmé l’intérêt grandissant porté à la maîtrise des outils numériques dans le parcours des jeunes chercheurs. Au-delà d’une simple initiation technique, cette manifestation s’inscrit dans une démarche de modernisation de l’enseignement supérieur, où les compétences numériques deviennent désormais un levier incontournable de la recherche scientifique, de l’innovation et de la diffusion des connaissances. Cette nouvelle journée de formation a été consacrée à des ateliers pratiques autour de deux solutions libres largement utilisées dans les milieux universitaire et professionnel. Les doctorants ont ainsi découvert les nombreuses fonctionnalités de Thunderbird, un logiciel de gestion des courriers électroniques permettant d’organiser efficacement les échanges académiques, de sécuriser les communications et d’optimiser le travail collaboratif. Ils ont également été initiés à LimeSurvey, une plateforme de création et d’administration de questionnaires en ligne, devenue un outil de référence pour la collecte et l’analyse de données dans le cadre des travaux de recherche, des enquêtes de terrain et des études scientifiques.
Encadrées par des spécialistes, ces sessions ont permis aux participants d’acquérir des compétences directement mobilisables dans leurs projets de recherche. Les exercices pratiques ont notamment porté sur la conception de formulaires, la gestion des bases de données issues des enquêtes ainsi que sur l’exploitation des fonctionnalités avancées offertes par ces solutions open source. Une approche qui répond aux nouvelles exigences de la recherche universitaire, où la maîtrise des technologies numériques constitue aujourd’hui un facteur déterminant de performance et de qualité scientifique. En plus de leur dimension technique, les logiciels libres représentent un véritable choix stratégique pour les établissements d’enseignement supérieur. Ils offrent des solutions fiables, évolutives et accessibles, tout en favorisant l’indépendance technologique des universités, la mutualisation des connaissances et le développement d’une culture de collaboration entre chercheurs. Leur utilisation contribue également à réduire les coûts liés aux licences propriétaires tout en encourageant l’innovation et le partage des savoirs, deux principes fondamentaux du monde académique.
Le programme de l’après-midi s’est poursuivi par une sortie de terrain réunissant doctorants, enseignants encadreurs et membres de la commission nationale de l’École Linux. Cette rencontre a constitué un espace d’échanges privilégié autour des expériences de chacun, favorisant le dialogue scientifique, le partage de bonnes pratiques et le renforcement des liens entre les différents acteurs de la formation doctorale. L’École Linux et des logiciels libres s’impose ainsi comme un cadre de formation privilégié pour promouvoir une recherche plus collaborative, plus innovante et résolument tournée vers les défis du numérique.
Le leadership au cœur de la modernisation de la gouvernance universitaire
Sur un autre volet, le développement d’une université performante ne repose plus uniquement sur la qualité de son enseignement ou de sa recherche. Il passe également par une gouvernance moderne, capable de fédérer les compétences, de renforcer la cohésion des équipes et d’accompagner les profondes mutations que connaît aujourd’hui l’enseignement supérieur. C’est dans cette logique que l’Université Badji Mokhtar d’Annaba (UBMA) a également organisé, mardi, une journée de formation consacrée au leadership et au management des équipes de travail, destinée aux responsables pédagogiques et administratifs de l’établissement. Accueillie à la bibliothèque de la Faculté des lettres et des langues, au pôle universitaire, cette rencontre a été animée par le professeur Othmane Bougataya, chercheur de renommée internationale, ancien directeur de recherche à l’École d’informatique de l’Université de Sydney, en Australie, et figurant parmi les 0,5 % des scientifiques les plus cités au monde. Sa présence a permis d’apporter aux participants une lecture à la fois académique et pragmatique des nouveaux modèles de gouvernance appliqués aux institutions universitaires.
La formation a réuni un large éventail de responsables universitaires, notamment les vice-doyens, chefs de départements, responsables de filières et de spécialités, leurs adjoints, ainsi que les secrétaires généraux des différentes facultés. L’objectif était de consolider leurs compétences managériales afin de favoriser une organisation plus efficace, fondée sur la concertation, la responsabilisation et l’amélioration continue des performances institutionnelles.
Au cours de son intervention, le professeur a développé plusieurs thématiques directement liées aux exigences du management contemporain. Les échanges ont porté sur les fondements d’un leadership inspirant, la constitution d’équipes performantes, la communication interne, la gestion constructive des divergences, la valorisation des compétences et la mobilisation des ressources humaines autour d’objectifs partagés. L’accent a également été mis sur la capacité du responsable à accompagner le changement, à instaurer un climat de confiance et à faire émerger une dynamique collective favorable à la réussite de l’institution. Par ailleurs, en marge de cette rencontre, des ateliers interactifs et des mises en situation ont complété les présentations théoriques, offrant aux participants des outils pratiques pour améliorer leur mode de gestion au quotidien. Ces exercices ont favorisé les échanges d’expériences entre responsables de différentes structures universitaires, tout en encourageant une réflexion commune sur les bonnes pratiques susceptibles d’être mises en œuvre dans les facultés et départements. Une initiative qui s’inscrit, faut-il le rappeler, dans une stratégie plus large engagée par l’Université Badji Mokhtar pour renforcer la qualité de sa gouvernance et accompagner les réformes de l’enseignement supérieur. Face aux défis de la transformation numérique, de l’amélioration des performances académiques et de l’ouverture sur les standards internationaux, la formation des cadres apparaît aujourd’hui comme un investissement stratégique. Ainsi, en misant sur le développement du leadership, de la communication et de l’intelligence collective, l’UBMA confirme sa volonté de placer le capital humain au cœur de son projet de modernisation. Une démarche qui traduit, rappelle-t-on encore, la conviction que la réussite d’une université repose autant sur l’excellence scientifique que sur la capacité de ses responsables à mobiliser les énergies, à anticiper les évolutions et à construire une culture de travail collaborative au service de la communauté universitaire.
S.C.

