Lancement des travaux d’une nouvelle station de dessalement à Skikda : Un projet stratégique pour la sécurité hydrique
Le président-directeur général du groupe Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, a donné mardi, dans la zone de Larbi Ben M’hidi, dans la commune de Skikda, le coup d’envoi des travaux de réalisation d’une nouvelle station de dessalement d’eau de mer d’une capacité de production de 140.000 m3/jour, un projet destiné à conforter durablement l’approvisionnement en eau de la région, tant pour les besoins industriels que pour l’alimentation des populations. La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du wali de Skikda, Saïd Akhrouf, du PDG de la Société algérienne de dessalement de l’eau (EADE), Lahcene Bada, du directeur général de l’Entreprise nationale de canalisations (ENAC), Abdelhakim Chehili, ainsi que de plusieurs cadres dirigeants du groupe Sonatrach et de la wilaya. Selon un communiqué du groupe pétrolier, la réalisation de cette station a été confiée à l’Algerian Desalination Company (ADC), filiale de Sonatrach, tandis que l’exécution des travaux revient à l’ENAC. Assistant du PDG de l’EADE, Mouloud Hachelaf a précisé, en marge du lancement du chantier, que ce projet stratégique s’inscrit dans le cadre du programme national visant à renforcer la sécurité hydrique et à garantir un approvisionnement durable en eau, tant au profit des citoyens que des installations industrielles. Il a indiqué que la station, qui s’étendra sur une superficie d’environ 4 hectares, mobilisera un investissement public de plus de 100 millions de dollars. Sur la répartition de la production, M. Hachelaf a détaillé que 80.000 m3/jour seront orientés vers le complexe industriel de la zone, dont 50.000 m3 destinés à répondre aux besoins de Sonatrach et 30.000 m3 à ceux d’Asmidal, garantissant ainsi la continuité de l’activité industrielle et le renforcement des capacités de production nationales. Le volume restant, soit 60.000 m3/jour, viendra renforcer l’alimentation en eau potable d’environ 600.000 habitants de plusieurs communes de la wilaya de Skikda. De son côté, le communiqué de Sonatrach avance une répartition légèrement différente entre zone industrielle et Algérienne des eaux (ADE), ce qui témoigne de l’ampleur et de la complexité des arbitrages techniques encore en cours d’affinement autour de ce projet. La future infrastructure fonctionnera selon la technique de l’osmose inverse, procédé de purification permettant d’éliminer une grande partie des sels, minéraux, bactéries et autres impuretés dissoutes, l’une des technologies de dessalement les plus avancées au monde, produisant une eau conforme aux normes techniques et environnementales internationales. Au-delà de sa capacité de production, l’enjeu de ce projet est avant tout stratégique. Il s’inscrit dans un programme national ambitieux visant à renforcer la sécurité hydrique du pays à travers la production d’eau non conventionnelle, tout en préservant les ressources en eau souterraine pour les générations futures. Le dessalement d’eau de mer constitue ainsi un axe central de la politique nationale de l’eau, alors que plusieurs régions du littoral algérien font face à une pression croissante sur les ressources hydriques conventionnelles, sous l’effet conjugué du changement climatique et de la demande industrielle et démographique.
Souveraineté nationale
Le communiqué de Sonatrach souligne à cet égard que ce lancement « s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations des hautes autorités du pays », illustrant « l’engagement constant du groupe Sonatrach à poursuivre la réalisation de projets stratégiques, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité hydrique, à la promotion du développement durable et à la consolidation de la souveraineté nationale en matière de ressources en eau ». Ce nouveau projet vient également renforcer l’attractivité de la région de Skikda en matière d’investissement industriel, en assurant aux opérateurs économiques implantés dans la zone une ressource en eau stable et pérenne. Il est à noter que l’ancienne usine de dessalement de Skikda, entrée en service en 2009 dans la grande zone industrielle et dont la capacité de production s’élève à 100.000 m3/jour, verra sa production entièrement réorientée, dès la mise en exploitation de la nouvelle station, vers la satisfaction des besoins de la population, sans amputation des volumes auparavant réservés à Sonatrach.
Salim Amokrane

