Bourse d’Alger : CRAPC Expertise, première filiale de centre de recherche sur le marché financier
La Bourse d’Alger a franchi mardi une nouvelle étape dans son processus d’élargissement, avec l’introduction officielle de l’EPE « CRAPC Expertise », filiale économique du Centre de recherche scientifique et technique en analyses physico-chimiques (CRAPC). L’opération, supervisée par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, s’inscrit dans la dynamique de diversification que connaît depuis plusieurs mois la place financière algérienne, appelée à se hisser en levier de financement de l’économie nationale hors hydrocarbures. Avec cette cotation, CRAPC Expertise devient la première filiale d’un centre national de recherche à accéder au marché des actions, portant à neuf le nombre d’entreprises cotées, aux côtés d’Alliance Assurances, Biopharm, l’EHG El Aurassi, Saidal, le CPA, la BDL, « AOM Invest » et la start-up « Moustachir ». L’engouement des souscripteurs a été manifeste. La demande a porté sur 40.776 actions contre 39.000 proposées, dégageant un excédent de 1.766 titres, pour un montant global de 65,24 millions de DA contre 62,4 millions recherchés. La souscription était réservée aux établissements scientifiques, universités, centres de recherche et à leurs filiales économiques.
Fondée en 2013, l’entreprise est active dans les analyses physico-chimiques, l’expertise technique, la formation appliquée et la commercialisation de produits chimiques industriels. Elle ambitionne, grâce à cette introduction, de conforter sa position commerciale tout en préparant, à moyen terme, la création d’une unité de production locale destinée à réduire la dépendance aux importations. Pour le ministre Baddari, la réussite de l’opération traduit « la grande confiance » accordée par les acteurs économiques aux produits de la recherche scientifique nationale. Il a souligné que cette entrée en Bourse « constitue une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale et concrétise les orientations du président de la République visant à renforcer le rôle économique de l’université et à promouvoir l’innovation », y voyant le signe d’une transition des institutions académiques vers des missions de création de richesse.
La directrice générale de la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV), Amal Selmoun, a pour sa part relevé que cette opération illustre l’ouverture du marché financier algérien « aux entreprises innovantes », qui devient un véritable incubateur de projets adossés à la connaissance. Elle a mis en avant la diversification en cours des instruments financiers et l’élargissement continu de la base des sociétés cotées, notamment vers les start-up et les entités issues de la recherche scientifique. De son côté, le directeur du CRAPC, Bechari Khaldoun, a qualifié cette introduction de « première » et d’« exploit national » pour le secteur de l’Enseignement supérieur, y voyant la consécration d’une stratégie étatique fondée sur la valorisation de la recherche et le rapprochement entre savoir et économie nationale.
Amar Malki

