Gaz de schiste : Des gisements géants cachés dans le Grand Erg
Le rapport paraît alors que Chevron et ExxonMobil affichent un net regain d’intérêt pour le secteur énergétique algérien, les majors américaines cherchant de nouveaux relais de croissance à l’international face à la maturation progressive du bassin permien.
Un rapport de l’United States Geological Survey (USGS), publié en avril 2026 et intitulé « Assessment of Undiscovered Shale-Gas Resources in the Grand Erg/Ahnet Basin Province of Algeria, 2026 », évalue à 80,1 mille milliards de pieds cubes (Tcf), soit environ 2 268 milliards de mètres cubes, les ressources moyennes non découvertes et techniquement récupérables de gaz de schiste dans cette région du Sud-Ouest algérien. Une estimation qui relance, dans le contexte du nouvel appel d’offres d’Alnaft, l’intérêt déjà affiché par les majors américaines ExxonMobil et Chevron pour le sous-sol algérien.
Selon le rapport, les géologues américains ont défini huit unités d’évaluation (AU) réparties entre le système pétrolier total dévonien, bassins de Timimoun, Sbaa et Ahnet, et le système silurien, qui couvre en plus le sillon de Benoud-Melrhir et le bassin d’Oued Mya. Le document précise que les schistes organiques dévoniens contiennent jusqu’à 14 % de carbone organique total (COT) et atteignent 200 mètres d’épaisseur, tandis que les schistes siluriens, plus minces (100 m), affichent jusqu’à 10 % de COT. Les auteurs notent aussi que les schistes siluriens du bassin d’Ahnet sont surpressurisés, une caractéristique jugée favorable à la rétention du gaz après les phases d’érosion et de soulèvement liées à l’orogenèse hercynienne.
L’estimation moyenne se décline entre 13 745 BCFG au seuil F95 (environ 389 milliards de m³) et 191 175 BCFG au seuil F5 (environ 5 414 milliards de m³), avec en complément 275 millions de barils de liquides de gaz naturel, soit près de 43,7 millions de m³. Le bassin de Timimoun, à lui seul, concentrerait plus de la moitié de la ressource silurienne évaluée.
Cette publication scientifique n’est pas neutre dans son timing. Elle paraît alors que Chevron et ExxonMobil affichent un net regain d’intérêt pour le secteur énergétique algérien, les majors américaines cherchant de nouveaux relais de croissance à l’international face à la maturation progressive du bassin permien. Le cabinet Wood Mackenzie avait déjà classé l’Algérie parmi les pays prioritaires pour le développement du schiste, aux côtés de l’Indonésie et de la Turquie. Sonatrach et ExxonMobil avaient signé, courant 2025-2026, des accords de coopération ciblant précisément les bassins d’Ahnet et de Gourara, tandis que Chevron poursuit ses discussions engagées à Houston.
L’agence nationale de valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) évalue par ailleurs les réserves récupérables globales du pays à environ 7 000 milliards de mètres cubes, faisant de l’Algérie l’un des cinq premiers détenteurs mondiaux de ressources de schiste selon l’EIA américaine.
Samira Ghrib

