Culture

15e édition du Festival culturel national Aïssaoua du 21 au 25 juillet à Constantine : 22 troupes au rendez-vous

La ville de Constantine abritera, du 21 au 25 juillet courant, la 15e édition du Festival culturel national Aïssaoua, avec la participation de 22 troupes venues de plusieurs wilayas du pays, a annoncé mardi le commissaire de la manifestation.

C’est lors d’une conférence de presse tenue au Théâtre régional Mohamed-Tahar Fergani qu’Ahmed Benkhelaf a présenté les contours de cette édition, la première du genre à être organisée dans la wilaya de Constantine. Placé sous le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, et supervisée par le wali Abdelkhalek Sayouda, la manifestation se tiendra sous le slogan « L’Aïssaoua, un patrimoine qui nous rassemble et une culture qui nous unit ». Un intitulé qui donne le ton d’un rendez-vous conçu, selon le commissaire du festival, pour « valoriser ce patrimoine spirituel authentique et mettre en relief ses dimensions culturelle et nationale, avec la participation des cheikhs et des disciples de la confrérie de l’Aïssaoua ».

Le choix de Constantine pour cette première édition décentralisée n’est pas anodin : la ville des ponts, forte de son statut de capitale culturelle et de sa tradition soufie, offre un cadre symbolique à cet art confrérial dont les racines plongent dans l’histoire spirituelle du Maghreb. Le programme des soirées artistiques, qui se dérouleront toutes au Théâtre régional, s’ouvrira par « La nuit du Fath », avec la participation de l’association Ischrak Bouna, venue d’Annaba, aux côtés des artistes Abbas Righi et Abdeljalil Semmar. Elle sera suivie de « La nuit du S’maâ », animée par l’association Wissal pour la préservation du patrimoine de Médéa et par l’association El Qadiria d’Oum El Bouaghi, en compagnie de cheikhs constantinois. Viendra ensuite « La nuit du Chaouq », soirée de la nostalgie à laquelle prendront part l’association Aïssaoua Sidi Saïd de Mostaganem, l’association culturelle Temgout de Tizi Ouzou, ainsi que l’artiste Zineddine Bouchaâla. Les festivités se poursuivront avec les nuits de « La Hadra » et des « Anwar », a précisé M. Benkhelaf.

Ces soirées seront aussi l’occasion de rendre hommage à plusieurs figures marquantes de la confrérie, parmi lesquelles Obeïd Charef Belkacem, Zineddine Ben Abdallah, Abderrahmane Hasrouri et Mohamed Salah Hefnaoui, autant de cheikhs dont l’apport à la transmission de cet art patrimonial a été salué par le commissaire de la manifestation. Au-delà des représentations officielles du théâtre régional, les organisateurs ont prévu un volet de proximité destiné à faire sortir le festival de son enceinte habituelle. Un programme itinérant conduira ainsi des troupes d’Aïssaoua dans les wilayas de Mila et de Guelma, dans l’objectif, selon M. Benkhelaf, de « rapprocher cet art patrimonial du grand public ».

Le volet scientifique n’est pas en reste. Le Musée national public des art et des expressions culturelles traditionnelles, installé au Palais Ahmed Bey, accueillera des conférences animées par des enseignants et chercheurs spécialisés, consacrées au rôle des confréries soufies dans la préservation de l’identité nationale ainsi qu’au S’maâ soufi, cette pratique d’écoute spirituelle au cœur du rituel aïssaoui. Le volet spirituel du festival trouvera quant à lui son écho dans plusieurs zaouïas et espaces patrimoniaux de la ville, où seront organisées des séances de récitation et de dikr. Sont notamment concernées la zaouïa Sidi Abderrahmane Bachtarzi, de rite Rahmaniya, la zaouïa Sidi Rached, ainsi que Dar Bahri des Ouasfanes, autant de lieux chargés d’histoire qui accueilleront ces moments de recueillement collectif.

Enfin, le Commissariat de cette 15e édition a mis sur pied un concours national ouvert aux jeunes troupes s’intéressant à l’art de l’Aïssaoua. Cette compétition portera sur les chants religieux, ou Mad’ih, les poèmes (Qasa’id) ainsi que les noubas, avec une exigence centrale rappelée par M. Benkhelaf, celle du respect de l’authenticité de l’art de l’Aïssaoua et la préservation de ses spécificités patrimoniales et spirituelles.

R.C.

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