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Délivrance des cartes bancaires pour le droit de change : La Banque d’Algérie met la pression sur les banques

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Lamine Lebbou, a réuni lundi les responsables des banques au siège de l’institution pour leur donner des instructions destinées à faciliter l’émission des cartes de paiement internationales au profit des citoyens souhaitant bénéficier du droit de change pour leurs voyages à l’étranger, une réunion qui vient conforter, sur le terrain, l’instruction n°07-2026 signée le 13 juillet dernier par le même gouverneur.

Ce texte, daté du 13 juillet 2026, abroge et remplace l’instruction n°05-2025 du 17 juillet 2025, qui avait elle-même fixé, pour la première fois sous une forme aussi détaillée, le cadre de l’allocation touristique soit 750 euros par an pour les citoyens majeurs, 300 euros pour les mineurs de 12 à 19 ans, avec obligation de réservation des fonds trois jours ouvrables avant le départ pour les séjours de plus de sept jours. Un an plus tard, la nouvelle instruction ne remet pas en cause ces montants mais change radicalement le mode de délivrance : fini le circuit de réservation en agence, place à un adossement systématique du droit de change à une carte de paiement internationale ou carte dédiée, chargée directement du montant autorisé.

C’est précisément ce maillon que le gouverneur est venu verrouiller en réunissant les banques de la place, eur capacité à émettre rapidement ces cartes conditionne l’entrée en vigueur du nouveau régime effectif depuis samedi. La Banque d’Algérie a d’ailleurs précisé que les établissements pouvaient d’ores et déjà traiter les demandes d’émission, tandis que les détenteurs de cartes internationales déjà en circulation n’ont pas besoin d’en solliciter une nouvelle, il leur suffit de la présenter à leur banque pour y faire créditer le montant du droit de change.

L’instruction 07-2026 introduit également une déclaration obligatoire via une plateforme électronique dédiée, destinée à empêcher les doubles bénéfices, ainsi qu’un encadrement strict de l’usage des fonds, réservés aux dépenses liées au séjour à l’étranger. En cas d’annulation du voyage ou de séjour inférieur à sept jours, le bénéficiaire doit restituer intégralement les devises dans un délai de cinq jours, sous peine de poursuites judiciaires pour infraction à la législation des changes et de privation du droit de change pendant cinq ans.

Au-delà de son aspect technique, la réunion convoquée par Mohamed Lamine Lebbou illustre la volonté des autorités d’achever la bascule vers une gestion entièrement dématérialisée de l’allocation touristique, dans un contexte où l’institution cherche à réduire la circulation de devises physiques et à mieux tracer les flux financiers liés aux voyages des Algériens à l’étranger.

Amar Malki

admin

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