Deux jours après le limogeage fracassant de Saïd Allik : Aït Ouamar de retour aux commandes de l’USMA
Décidément, l’été est agité du côté de Soustara. L’USM Alger a annoncé, samedi sur ses réseaux sociaux, la nomination de son ancien joueur Hamza Aït Ouamar au poste de manager général, à peine 48 heures après avoir acté le départ, dans la douleur, de son directeur sportif Saïd Allik. Un enchaînement qui en dit long sur la volonté de la direction rouge et noir de reprendre rapidement la main sur un projet sportif visiblement fragilisé.
À 39 ans, Aït Ouamar n’est pas un inconnu dans la maison usmiste. Il retrouve une fonction qu’il occupait déjà la saison dernière, avant de la quitter au cours de l’intersaison. Un retour éclair qui ressemble fort à un choix de continuité et de sécurité pour un club en quête de stabilité. Dans son communiqué, l’USMA justifie ce choix en des termes sans ambiguïté. « Cette nomination traduit la confiance de la direction dans les compétences et l’expérience dont il dispose, ainsi que dans sa connaissance approfondie des spécificités et des valeurs du club », des atouts, précise le club, appelés à « renforcer le travail administratif et à soutenir le projet sportif de l’USMA ». Passé notamment par le CR Belouizdad et l’ES Sétif durant sa carrière de joueur avant de raccrocher les crampons en 2020, Aït Ouamar connaît les coulisses du club algérois autant que son vestiaire.
Mais cette nomination ne peut se lire sans revenir sur l’épisode qui l’a précédée, tant il a marqué les esprits chez les supporters usmistes. Jeudi en fin d’après-midi, le conseil d’administration de l’USMA, réuni à l’initiative du groupe Serport, actionnaire majoritaire du club, avait en effet décidé de mettre fin, avec effet immédiat, aux fonctions de Saïd Allik. Une décision présentée par le club comme relevant de sa « responsabilité (…) de protéger les intérêts du club, de maintenir sa stabilité et d’assurer la continuité de son projet sportif », après ce qui a été décrit comme « un examen approfondi de la situation actuelle de l’équipe et des exigences de la prochaine étape ».
Le communiqué diffusé tard dans la soirée sur la page officielle du club ne laissait que peu de place au doute quant aux motifs de cette rupture. L’USMA évoquait alors la constatation de « plusieurs irrégularités affectant les méthodes de gestion et les mécanismes de prise de décision, ayant eu un impact négatif sur le bon fonctionnement du club ». Parmi les griefs listés figuraient notamment « l’absence de rapports périodiques », le refus de communiquer la liste des joueurs susceptibles d’être libérés ou recrutés, ainsi que « l’absence d’une vision sportive claire et globale » pour préparer la saison à venir. Le club évoquait par ailleurs des « tensions au sein de l’équipe » et des signaux jugés préoccupants pour la stabilité du groupe et la préservation de ses éléments clés.
C’est donc dans ce climat tendu qu’intervient la nomination d’Aït Ouamar, perçue comme une réponse rapide de la direction pour rassurer une famille usmiste encore sous le choc du limogeage d’Allik. Le conseil d’administration avait d’ailleurs tenu, au moment d’acter ce départ, à réaffirmer « son engagement total à continuer d’œuvrer avec la plus grande responsabilité et transparence », tout en appelant l’ensemble des composantes du club, supporters, joueurs, staff et partenaires, à « se mobiliser autour de leur club » et à « placer les intérêts du club au-dessus de toute autre considération ».
Moncef D.

