Amie de la révolution algérienne : La militante américaine Elaine Klein obtient la nationalité algérienne
Un décret présidentiel publié dans la dernière livraison du Journal officiel (n°55) vient d’accorder la nationalité algérienne à Elaine Klein, figure américaine restée profondément attachée à l’Algérie depuis les années de lutte pour l’indépendance. Née en 1928 à New York, Elaine Klein découvre la cause algérienne à Paris, où elle s’installe en 1952. Journaliste de formation, interprète et militante anticoloniale, elle se rapproche rapidement des réseaux de soutien à la révolution algérienne. Son parcours militant la conduit sur les traces des grandes figures de la lutte anticoloniale. C’est à Accra, au Ghana, lors de la Conférence des peuples africains de 1958, qu’elle croise pour la première fois Frantz Fanon. Deux ans plus tard, elle rejoint à New York le bureau du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), aux côtés du diplomate Mohamed Sahnoun, poursuivant depuis les Etats-Unis son travail de plaidoyer pour la cause algérienne.
Une fois l’indépendance acquise, Elaine Klein choisit de s’installer en Algérie. Elle y mène une carrière de journaliste, notamment au sein de l’Agence Algérie Presse Service (APS), de la radio publique et du quotidien « El Moudjahid », couvrant en particulier l’actualité des pays du Tiers-monde et des mouvements de libération nationale à travers le continent africain. Son engagement dépasse d’ailleurs le seul cadre journalistique. En 1969, elle participe activement à l’organisation du premier Festival culturel panafricain d’Alger, où elle contribue à l’accueil des délégations de mouvements de libération venus du Mozambique, d’Angola ou d’Afrique du Sud, ainsi que de la section internationale des Black Panthers. Ces années à Alger lui permettent de côtoyer nombre de figures majeures de la scène révolutionnaire et anticoloniale de l’époque, de Fidel Castro à Houari Boumédiène, en passant par Ahmed Ben Bella et Hô Chi Minh.
Sur le plan personnel, Elaine Klein épouse en 1972 l’écrivain et moudjahid algérien Mokhtar Mokhtefi, dont elle adoptera le nom, avant de quitter l’Algérie en 1974 pour retourner s’installer aux Etats-Unis. Elle n’en gardera pas moins un lien étroit avec le pays, qu’elle racontera des décennies plus tard dans un ouvrage autobiographique paru en 2018 sous le titre « Alger, capitale du Tiers-Monde : combattants de la liberté, révolutionnaires, Black Panthers », traduit l’année suivante en français.
Salim Amokrane

