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Khalida Boufedeche, première femme élue à la tête de l’APN : Une nouvelle ère commence

L’élection de Khalida Boufedeche à la présidence de l’Assemblée populaire nationale, mardi, consacre une première dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Reçue mercredi par le président Tebboune, la nouvelle présidente de la chambre basse a fait état d’engagements forts pour cette 10e législature, placée sous le signe de la complémentarité institutionnelle et de la prise en charge des attentes citoyennes.

C’est par une audience présidentielle hautement symbolique que Khalida Boufedeche a entamé son mandat à la tête de l’Assemblée populaire nationale. Reçue mercredi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la nouvelle présidente de l’APN a livré, à l’issue de cette rencontre, une déclaration qui donne le ton de la législature à venir. « J’ai eu, aujourd’hui, l’honneur d’être reçue par le président de la République, qui m’a félicité à l’occasion de mon élection en tant que présidente de l’Assemblée populaire nationale et première femme à occuper ce poste dans l’histoire de l’Algérie indépendante », a-t-elle déclaré, avant de préciser avoir reçu les orientations du chef de l’Etat « concernant la prochaine étape qui exige plus d’efforts et de complémentarité entre les différentes institutions de l’Etat, au service du pays et du citoyen ». Une feuille de route qui place d’emblée le nouveau mandat sous le signe de l’efficacité institutionnelle et de la réponse aux préoccupations quotidiennes des Algériens. L’audience s’est déroulée en présence de Mustapha Saïdj, conseiller auprès du président de la République chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques.

L’événement dépasse toutefois le simple cadre protocolaire. En accédant au perchoir de l’APN, Khalida Boufedeche devient la troisième personnalité de l’Etat, un fait inédit qui marque un tournant dans le paysage institutionnel algérien. Mardi, la députée du Front de libération nationale (FLN) a été élue au scrutin secret avec 302 voix, loin devant Amine Allouche du Mouvement de la société pour la paix (MSP), crédité de 57 voix, et Rachid Hassani du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui en a recueilli 7, sur 366 suffrages exprimés. Un score sans appel qui traduit un large consensus autour de sa candidature au sein de l’hémicycle.

Le parcours de la nouvelle présidente de l’APN, née le 27 mai 1982, tranche avec le profil classique des dirigeants parlementaires, puisqu’il s’enracine dans le secteur de la santé plutôt que dans les seuls arcanes politiques. Diplômée en médecine générale de l’Université d’Alger en 2008, elle obtient en 2019 un diplôme d’études spécialisées en allergologie et immunologie clinique. Elle débute sa carrière à l’Etablissement public hospitalier d’Aïn Taya, avant de rejoindre le CHU de Beni Messous, puis d’être nommée en 2023 cheffe de service à la Direction de la santé de la wilaya d’Alger. Son engagement politique s’est construit en parallèle, à l’échelle locale d’abord, comme membre de l’Assemblée populaire communale de Bordj El Bahri entre 2012 et 2017, puis à l’échelle de la wilaya d’Alger, au sein de l’APW, à partir de 2021. Un parcours qui illustre une ascension progressive, de la proximité du terrain vers les plus hautes responsabilités législatives du pays.

Au-delà de la trajectoire personnelle de la nouvelle présidente, cette élection illustre une dynamique plus large, celle du renforcement continu de la présence des femmes algériennes dans les sphères de décision. Une évolution que le président Tebboune n’a cessé d’encourager depuis le début de son mandat, en insistant régulièrement sur le rôle croissant que doivent jouer les Algériennes dans la vie publique et institutionnelle du pays. Cet engagement s’est traduit concrètement dans la composition du dernier gouvernement sortant, dirigé par Sifi Ghrieb, qui comptait neuf femmes ministres et secrétaires d’Etat, contre six dans l’équipe précédente, une progression significative de la représentation féminine au sein de l’exécutif. Ce mouvement de fond, engagé au niveau gouvernemental, trouve aujourd’hui un prolongement institutionnel de premier plan avec l’accession d’une femme à la présidence de la chambre basse du Parlement.

L’écho de cette élection historique a rapidement dépassé les frontières nationales. Le président du Parlement panafricain, Fateh Boutbig, a salué une désignation qui « traduit la confiance placée en sa personne ainsi que sa compétence et sa capacité de diriger l’institution législative algérienne », y voyant le témoignage « de la place avancée qu’occupe la femme algérienne dans l’accès aux responsabilités supérieures ». De son côté, le président du Parlement arabe, Mohammed bin Ahmed Al-Yamahi, a qualifié cette élection d' »étape historique et d’accomplissement national », soulignant qu’elle « confirme le rôle croissant de la femme arabe dans la vie politique et parlementaire ».

Sans attendre, la nouvelle présidente a d’ores et déjà pris en main les affaires courantes de l’institution. Dès mercredi, elle a présidé une réunion de coordination consacrée à la répartition des postes de vice-présidents de l’APN entre les groupes parlementaires, sur la base de la représentation proportionnelle initiale, conformément aux articles 12 et 13 du règlement intérieur. Une entrée en fonction rapide et méthodique qui, entre les félicitations affluant de toutes parts et les premiers dossiers organisationnels déjà lancés, donne le signal d’une législature qui s’annonce sous le double sceau de la continuité institutionnelle et du changement historique.

Hocine Fadheli

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