Rentrée universitaire : 10 nouvelles résidences pour absorber la demande d’hébergement
Dix nouvelles résidences universitaires, soit 17 000 lits supplémentaires, seront livrées à l’occasion de la prochaine rentrée, portant la capacité nationale d’hébergement à plus de 630 000 places. Une extension couplée à une digitalisation poussée de la restauration, du transport et du versement des bourses, selon le bilan dressé à l’APS par le directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), Adel Mezough. Avec ces nouvelles structures, l’excédent de capacité atteindra 190 120 lits, alors que 440 082 étudiants sont actuellement hébergés dans les 467 résidences que compte le pays. Un matelas destiné, selon M. Mezough, à « l’amélioration des conditions d’accueil des étudiants » et à leur garantir « un meilleur confort » pour qu’ils puissent « se consacrer pleinement à leurs études ». Parallèlement à ces constructions, l’Office poursuit un vaste programme de réhabilitation : 2 058 pavillons ont déjà été rénovés, et 1 200 autres le seront d’ici deux ans. Pour accélérer ces travaux, le ministère de l’Enseignement supérieur a élargi les prérogatives des recteurs d’université, qui exercent désormais un contrôle direct sur les chantiers menés dans les résidences relevant de leur tutelle, une décentralisation censée rapprocher la décision du terrain.
Moins cher malgré plus d’étudiants
Sur le volet restauration, l’ONOU affiche un résultat notable : la facture globale est passée de 21 à 18 milliards de dinars entre 2025 et 2026, malgré l’arrivée de 50 000 étudiants supplémentaires. Cette économie s’explique par des contrats directs avec des entreprises publiques à prix fixes sur cinq ans, et surtout par la généralisation de la réservation préalable des repas via la plateforme « Progres » et le portefeuille électronique « Wallet », qui limite le gaspillage en ajustant la production à la demande réelle. Le transport suit la même logique de rationalisation numérique. La flotte de 6 326 bus est désormais suivie via l’application « MyBus » (géolocalisation GPS) et « MyBus Control », qui confirme les trajets par scan de QR code. La restructuration du plan d’hébergement — loger l’étudiant au plus près de son lieu d’études — a permis de réduire le nombre de bus mobilisés dans la capitale. À cela s’ajoutent 15 496 abonnés au train, 72 053 au métro et tramway, ainsi qu’une convention avec Air Algérie pour transporter 3 379 étudiants du Sud.
Autre changement concret pour les étudiants, le versement de la bourse est désormais entièrement digitalisé via la plateforme « Eminha », intégrée au système « Progres », sans aucun document papier à fournir. L’interconnexion avec Algérie Poste a permis, selon M. Mezough, de mieux réguler les comptes postaux dédiés à ces versements. Cette démarche « zéro papier » s’étend aussi à l’hébergement, à la restauration et au transport, l’objectif étant de permettre à l’étudiant d’accéder à distance à l’ensemble de ces services.
Des commissions ont par ailleurs été installées pour suivre les préparatifs de la rentrée, dans le cadre d’une orientation générale vers une « administration intelligente ». M. Mezough a enfin insisté sur le soutien aux clubs scientifiques, culturels et associations sportives des résidences, jugés essentiels pour animer la vie estudiantine et accompagner les campagnes de sensibilisation contre les fléaux sociaux touchant la jeunesse universitaire.
Chokri Hafed

