Sayoud resserre le dispositif de lutte contre les réseaux de migration clandestine : Tolérance zéro pour les passeurs !
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé, dimanche en fin d’après-midi au Palais du gouvernement, une réunion de coordination consacrée à l’état de la lutte contre la migration irrégulière, en pleine saison estivale marquée par une pression accrue sur les côtes du pays, selon un communiqué du ministère.
Cette rencontre vise, précise le texte, à « faire le point sur l’état de la lutte contre le phénomène de la migration irrégulière » et à assurer le suivi des différentes mesures et dispositions prises dans ce domaine. À cette occasion, le ministre a délivré une série d’instructions et d’orientations destinées à « renforcer la coordination entre les différents services concernés » et à « intensifier les efforts pour faire face à ce phénomène, notamment le long du littoral durant la saison estivale », dans le but de « réduire l’activité des réseaux de passeurs et de contrecarrer les différentes formes d’organisation des traversées illégales », tout en veillant à « assurer un suivi continu du dossier et à prendre les mesures nécessaires en la matière ».
Cette réunion s’inscrit dans un dispositif que l’Algérie a considérablement étoffé ces dernières années, aussi bien sur le plan légal que sur le terrain. Le Code pénal, révisé en 2024, a durci la répression des réseaux organisant les traversées clandestines, tandis que le nouveau Code de procédure pénale, promulgué en août 2025, a classé la traite des personnes parmi les infractions dites « sensibles », pour lesquelles des règles spécifiques de détention provisoire et de suivi judiciaire s’appliquent désormais, au même titre que le terrorisme ou la criminalité transnationale. Un arsenal qui vient consolider l’action des services de sécurité, régulièrement mobilisés sur le terrain. Les gardes-côtes et les unités de la Gendarmerie nationale multiplient les opérations d’interception, à l’image de l’arrestation, en juillet dernier, d’un groupe de candidats à la traversée clandestine au large d’Oran, ou du démantèlement, début août, avec le concours d’Europol et des autorités espagnoles, d’un réseau structuré de trafic de migrants actif en Méditerranée occidentale.
Au-delà de la répression, les autorités algériennes mettent en avant le caractère humain de leur action, revendiquant un traitement digne des personnes secourues en mer ou interpellées sur le territoire national, dans le respect des obligations humanitaires et des engagements internationaux du pays. Un organe national dédié au suivi du dossier de la traite des êtres humains a par ailleurs été mis en place pour mieux coordonner la prise en charge des victimes potentielles, dans un contexte où l’Algérie, longtemps pays de transit, est de plus en plus perçue comme un pays de destination pour les candidats à l’exil venus d’Afrique subsaharienne.
Sur le plan de la coopération, l’Algérie s’impose désormais comme un partenaire incontournable des pays de la rive nord de la Méditerranée face à la recrudescence de la route migratoire occidentale, empruntée par un nombre croissant d’embarcations en direction de l’Europe. L’opération conjointe menée début août avec Madrid, qui a permis l’arrestation de dizaines de membres présumés d’un réseau de passeurs, illustre cette coopération opérationnelle renforcée, appelée à s’intensifier à mesure que les traversées, souvent menées de nuit et dans des conditions périlleuses, continuent de faire des victimes des deux côtés de la Méditerranée. L’Algérie a également renforcé sa avec l’Italie pour endiguer la migration irrégulière à travers un partenariat axé sur le contrôle des frontières, le démantèlement des réseaux de passeurs et la coordination opérationnelle entre les ministères de l’Intérieur des deux pays.
Hocine Fadheli

