Guerre au Moyen-Orient : Téhéran hausse le ton !
Le président iranien Massoud Pezeshkian a haussé le ton dimanche face à la pression économique exercée par Washington, affirmant que son pays mène actuellement « une guerre globale, économique, militaire et sécuritaire », dans un contexte où Téhéran et Washington peinent à transformer leur trêve fragile en accord durable, malgré la médiation active engagée par le Pakistan. Dans un discours prononcé ce dimanche, le chef de l’Etat iranien a dénoncé la stratégie des Américains, estimant qu’ils « annoncent clairement leur intention d’imposer les sanctions les plus sévères et les plus dures contre l’Iran ». Il a néanmoins assuré que son pays « reste debout et continue de servir son peuple face à cette guerre inégale ». Pezeshkian a par ailleurs tenu à clarifier la nature du mémorandum d’entente signé avec les Etats-Unis sous l’égide d’Islamabad, affirmant qu’il « ne comporte aucune clause impliquant des concessions » de la part de Téhéran. Le président a plaidé pour dépasser une situation de « ni guerre ni paix qui épuise l’économie et entrave la circulation des capitaux », appelant à l’adoption d’une approche plus rationnelle.
Ces déclarations interviennent à la veille d’un déplacement attendu à Téhéran du chef d’état major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, prévu ce lundi à la tête d’une délégation officielle. Le porte parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a précisé aux journalistes que cette visite s’inscrit dans le cadre des bons offices que le Pakistan s’efforce d’apporter en tant que médiateur entre Washington et Téhéran, dans le but de contribuer au renforcement de la paix et de la sécurité dans la région. Munir doit rencontrer plusieurs hauts responsables iraniens durant son séjour. Islamabad cherche à travers cette démarche à ramener les deux capitales à la table des négociations, après l’expiration du délai fixé dans le mémorandum d’entente censé aboutir à un accord mettant fin aux hostilités entre les deux pays, dont les répercussions ont déjà touché d’autres Etats de la région, notamment autour de la fermeture du détroit d’Ormuz et des perturbations affectant l’acheminement habituel des approvisionnements énergétiques. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’était d’ailleurs entretenu par téléphone samedi soir avec le chef de l’armée pakistanaise, évoquant les derniers développements régionaux et les moyens de consolider la paix, la stabilité et la sécurité en Asie occidentale.
Ce climat tendu s’inscrit dans une escalade verbale plus large entre Washington et Téhéran. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, avait averti samedi que tout pays participant à la mise en place de nouvelles restrictions économiques contre l’Iran serait considéré comme un pays hostile, appelant les nations de la région et du monde à ne pas se joindre à ce qu’il a qualifié de guerre économique menée par les Etats-Unis. Il avait ajouté que si de telles sanctions venaient à être imposées, l’Iran ciblerait les intérêts pétroliers et économiques américains présents autour de lui et ailleurs, prévenant qu’une confrontation directe serait, selon ses mots, comparable à un séisme. Ces propos font suite aux déclarations du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, qui a promis de nouvelles sanctions destinées à faire vaciller le pouvoir iranien, une annonce que le ministère iranien des Affaires étrangères avait qualifiée jeudi de terrorisme économique. Washington a par ailleurs appelé d’autres gouvernements, dont la Chine, à se joindre à cet effort d’isolement économique. Pékin, partenaire commercial stratégique de Téhéran, a toutefois estimé que les sanctions et la pression américaines ne permettraient pas de résoudre la crise au Moyen Orient, tandis que les Emirats arabes unis ont de leur côté annoncé la suspension de leurs échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran jusqu’à nouvel ordre.
Lyes S.

