Tourisme balnéaire : Collo veut transformer la propreté en atout
À Collo, la beauté du littoral ne suffit plus. Pour conforter son statut de destination touristique et améliorer durablement son attractivité, la ville entend placer la propreté et la qualité du cadre de vie au cœur de sa stratégie. Dans ce contexte, une journée d’étude consacrée à cette problématique est prévue le 29 août prochain, à l’initiative de l’Office Colliote des Initiatives Touristiques (OCIT), avec l’ambition d’ouvrir un débat associant institutions, spécialistes, associations et citoyens. Sous le thème « Propreté de l’environnement, facteur d’attractivité touristique : le cas de la ville de Collo », cette rencontre entend dépasser le simple constat sur l’état des espaces urbains pour s’intéresser aux solutions et surtout à la continuité des efforts de propreté tout au long de l’année. L’objectif est de faire comprendre que l’image d’une destination ne se construit pas uniquement autour de ses plages, de ses paysages ou de ses équipements touristiques, mais également à travers l’état de ses rues, de ses espaces publics, de ses marchés et de son environnement immédiat. Située dans la partie ouest de la wilaya de Skikda, la ville dispose d’un potentiel touristique particulièrement important, avec ses plages, ses paysages côtiers, son patrimoine historique et culturel ainsi que son massif forestier, qui ouvre également des perspectives pour le tourisme de nature, les randonnées et la découverte. La baie de Collo figure parmi les principaux atouts touristiques de la région, tandis que des sites comme Tamanart, Télèza et Benzouit renforcent son attractivité balnéaire. Mais cette richesse naturelle impose en retour des exigences en matière d’aménagement et de gestion du territoire. Une destination touristique attractive doit être capable d’offrir au visiteur un environnement propre, accessible et agréable, non seulement durant les quelques semaines de forte affluence estivale, mais également pendant le reste de l’année. C’est précisément cette question de la durabilité de l’effort de propreté que les organisateurs souhaitent mettre en débat.
Une réflexion autour de quatre axes
Le programme de la journée d’étude s’articulera ainsi autour de quatre axes. Le premier portera sur le niveau de propreté dans le cadre de la préparation de la saison estivale, période durant laquelle la population et la fréquentation touristique connaissent une hausse importante. Cette concentration de visiteurs exerce mécaniquement une pression supplémentaire sur les services de nettoiement, la collecte des déchets et l’entretien des espaces publics. Le second axe élargira la réflexion à l’ensemble de l’année. L’enjeu est de savoir comment maintenir une qualité environnementale constante une fois la saison estivale terminée. Pour une ville qui aspire à développer son tourisme au-delà du seul tourisme balnéaire, la propreté ne peut en effet être une opération ponctuelle dictée par l’arrivée des estivants. Elle doit devenir une politique permanente du cadre de vie. Le marché hebdomadaire du jeudi constituera le troisième thème de la rencontre. Cet espace particulièrement fréquenté concentre plusieurs problématiques, dont l’activité commerciale, l’occupation de l’espace public, la production des déchets et les conditions de leur collecte. Sa gestion représente donc un véritable test de la capacité de la ville à concilier animation commerciale, exigences environnementales et image touristique. Le quatrième axe, quant à lui, se veut davantage participatif. Les organisateurs prévoient, à partir de 2027, le lancement d’un concours du « quartier le plus propre ». L’idée est de dépasser une approche exclusivement administrative de la propreté pour faire des habitants des acteurs à part entière de l’amélioration de leur environnement. Une telle démarche pourrait favoriser l’émulation entre quartiers, renforcer le civisme environnemental et créer une dynamique locale durable autour de la préservation des espaces communs.
Cette approche rejoint d’ailleurs la vision actuellement défendue au niveau national, où le tourisme est de plus en plus considéré comme un secteur économique capable de contribuer à la création de richesse, à l’emploi et au développement local, au-delà de la seule saison estivale. On rappelle que la ministre du Tourisme et de l’Artisanat avait ainsi souligné, lors des préparatifs de la saison 2026, la nécessité de dépasser le caractère saisonnier du tourisme et de valoriser les potentialités naturelles, culturelles et patrimoniales des différentes régions du pays.
Amélioration de l’environnement urbain
Dans cette perspective, l’amélioration de l’environnement urbain à Collo peut devenir un véritable levier touristique. Le visiteur ne juge pas une destination uniquement à partir de ce qu’il vient admirer. Il l’évalue aussi à travers son expérience quotidienne. Il va juger de la propreté des rues, de l’état des espaces publics, de la gestion des déchets, de l’accessibilité et de la qualité des services ainsi que du respect de l’environnement. Autant d’éléments qui influencent la satisfaction du touriste et, par conséquent, sa volonté de revenir ou de recommander la destination. L’enjeu économique est loin d’être négligeable. Une meilleure image de Collo peut contribuer à accroître sa fréquentation, à soutenir les activités commerciales et artisanales, à dynamiser la restauration et l’hébergement et, plus largement, à encourager l’investissement touristique. La commune dispose d’ailleurs d’une Zone d’expansion touristique (ZET) de la Baie de Collo, couvrant un vaste périmètre appelé à accueillir des investissements et des équipements touristiques. Des projets supplémentaires sont également envisagés dans la région, ce qui renforce la nécessité d’améliorer parallèlement les conditions d’accueil et la qualité du cadre urbain.
La question environnementale se pose donc avec d’autant plus d’acuité que Collo ambitionne de consolider son positionnement parmi les destinations touristiques de l’Est algérien. La concurrence entre les différentes villes côtières ne se joue plus uniquement sur la beauté des plages. Elle concerne désormais l’ensemble de l’expérience proposée au visiteur et la capacité des collectivités locales à préserver durablement leurs ressources naturelles et leurs espaces urbains. L’OCIT a, dans ce cadre, lancé un appel à contributions destiné aux institutions, associations et personnes disposant d’une expertise dans les domaines concernés. Cette ouverture vise à faire de la rencontre un espace de dialogue plutôt qu’une simple journée de sensibilisation. Les organisateurs souhaitent notamment croiser les expériences, identifier les insuffisances et faire émerger des propositions susceptibles d’être mises en œuvre localement.
Les services de nettoiement ne peuvent, à eux seuls, garantir durablement la propreté d’une ville. La gestion des déchets, le respect des espaces publics et la préservation des sites naturels supposent l’implication des habitants, des commerçants, des associations et des visiteurs. Le futur concours du « quartier le plus propre » pourrait justement contribuer à installer cette culture de responsabilité partagée.
Z.M.

