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Face aux retombées de la « grande évasion » migratoire marocaine : Madrid active le mécanisme de sécurité nationale

Confrontée à un afflux migratoire sans précédent depuis le Maroc vers Ceuta, l’enclave espagnole d’Afrique du Nord, l’Espagne a décidé d’activer le mécanisme de sécurité nationale prévu par la loi de 2015, tout en sollicitant en urgence un financement d’aide auprès de la Commission européenne, alors que des milliers de migrants marocains refusent toujours de quitter la ville. Le gouvernement de Pedro Sánchez a décidé de déclarer Ceuta en « situation d’intérêt pour la sécurité nationale », un dispositif prévu par la loi espagnole sur la sécurité nationale adoptée en 2015. Cette mesure permet de renforcer la coordination entre les différentes administrations publiques par l’instauration d’un commandement unifié chargé de la gestion de la crise, dans un contexte de craintes persistantes d’une nouvelle vague migratoire de jeunes Marocains vers l’Espagne. C’est depuis Ceuta que le vice-président du gouvernement espagnol et ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, a annoncé l’approbation par le Conseil des ministres d’un décret entérinant cet état de fait et confiant la coordination de la gestion de crise au ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres.

Selon la législation espagnole, ce mécanisme est activé dans les cas où la gravité et l’ampleur des conséquences exigent des mesures urgentes et transsectorielles, nécessitant un renforcement de la coordination entre les autorités compétentes sous la direction du gouvernement central. Les retombées persistantes de cette « grande évasion », qualifiée d’inédite depuis le Maroc vers l’enclave espagnole, ont conduit l’exécutif à mettre en place des mesures pour faire face aux conséquences de la crise, alors que des milliers de migrants marocains demeurent à Ceuta et refusent de rentrer dans leur pays. Il s’agit également, pour Madrid, de mieux anticiper afin d’éviter la répétition d’une crise similaire.

Le président du gouvernement de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a évoqué dans la presse espagnole la présence de dix mille migrants marocains dans la ville, soulignant la pression qu’ils exercent sur les systèmes sécuritaire et sanitaire locaux. Il a indiqué que les familles évitent désormais de sortir, alors que la situation se tend davantage à l’approche de la rentrée scolaire. Le responsable a réitéré sa conviction que ce qui s’est produit n’a pu se dérouler sans la connaissance des autorités marocaines, évoquant l’hypothèse d’un possible nouvel assaut migratoire visant la ville espagnole.

À travers l’activation du mécanisme de « situation d’intérêt pour la sécurité nationale », le gouvernement espagnol entend garantir une mobilisation optimale, intégrée et flexible de l’ensemble des ressources disponibles. Parallèlement, le gouvernement de Pedro Sánchez a engagé une réforme des lois relatives à l’asile et aux étrangers, tout en étudiant des mécanismes destinés à accélérer les procédures de retour des migrants vers le Maroc.

L’Espagne avait par ailleurs adressé une demande officielle à la Commission européenne afin d’obtenir un financement d’urgence pour faire face à la crise migratoire à Ceuta, après l’entrée de plus de 80 000 migrants en provenance du Maroc fin juillet dernier. Un porte-parole de la Commission, cité par l’agence de presse espagnole, a confirmé cette démarche, précisant que l’institution européenne était déjà en contact étroit avec Madrid avant même la réception de cette requête officielle, et qu’elle procède actuellement à une évaluation en vue d’une décision rapide.

L.S.

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