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Programme de renouvellement du parc national de transport : Le dispositif s’élargit à 16 nouvelles wilayas

Le programme de renouvellement du parc national de transport de voyageurs franchit une nouvelle étape. Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a annoncé mardi l’entame de la deuxième phase de l’opération de renforcement et de renouvellement du parc d’autobus urbains et suburbains, une phase qui touche cette fois seize wilayas et qui s’accompagne, fait notable, d’un nouveau dispositif de financement bancaire conçu pour aider les transporteurs privés à se doter eux aussi de véhicules neufs.

Dans un communiqué diffusé mardi, le département dirigé par Saïd Sayoud précise que cette étape se traduit par « la distribution d’autobus modernes de différentes capacités répondant aux normes en vigueur », l’objectif affiché étant, selon les mêmes termes, « d’améliorer les conditions de transport et la qualité du service offert aux citoyens ». Après une première salve de livraisons qui avait bénéficié aux wilayas d’Alger, d’Oran, de Constantine et d’Annaba, ce sont donc Chlef, Bouira, Tlemcen, Tizi Ouzou, Saïda, Sidi Bel Abbès, Médéa, Mascara, Boumerdès, Aïn Defla, Batna, Biskra, Djelfa, Skikda, El Tarf et El Oued qui reçoivent à leur tour de nouveaux bus destinés à leurs établissements de transport urbain.

L’opération s’inscrit dans le cadre de la décision prise par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, portant sur le renouvellement du parc national avec 10.000 autobus, un chantier placé sous la supervision directe du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. Cette décision n’est pas née d’une simple volonté de modernisation administrative. Elle fait suite à l’accident survenu le 15 août 2025 dans l’Oued El Harrach, à Alger, où la chute d’un bus vétuste avait fait 18 morts et 25 blessés. Onze jours plus tard, le chef de l’État avait ordonné l’importation immédiate de 10.000 bus pour remplacer les véhicules les plus anciens, une flotte que le ministre des Transports avait alors évaluée à plus de 80.000 unités nécessitant un renouvellement à travers le pays.

Le calendrier fixé par les autorités a depuis été respecté avec une certaine régularité. Les premiers lots de bus importés, commandés notamment auprès de constructeurs chinois et allemands, ont commencé à arriver dans les ports algériens dès février dernier. En mai, le président Tebboune avait durci le ton en ordonnant le retrait de tous les bus de plus de 25 ans du parc national dans un délai maximal de trois mois, une mesure saluée par les associations de consommateurs. Le ministère précise aujourd’hui que cette nouvelle vague de distribution répond au même objectif, renforcer les lignes de transport par des autobus modernes adaptés aux besoins des citoyens et améliorer la qualité du service urbain et suburbain à travers l’ensemble des wilayas du pays.

Les banques publiques rallient l’effort national

Mais la nouveauté la plus attendue par les professionnels du secteur ne vient pas seulement du côté de l’État. Six banques publiques, le CPA, la BADR, la CNEP-Banque, la BEA, la BNA et la BDL, viennent de lancer conjointement une formule de financement destinée aux professionnels du transport collectif de voyageurs. Ce nouveau produit permet aux transporteurs, personnes physiques ou morales, d’acquérir de nouveaux autobus grâce à un crédit pouvant couvrir jusqu’à 90 % du coût total du véhicule, taxes comprises, moyennant un apport personnel limité à 10 %. Le remboursement s’étale sur dix années, avec un différé possible de six mois avant le premier versement, et le produit est proposé sous sa formule classique comme sous sa formule islamique.

Cette offre bancaire s’inscrit elle aussi dans le prolongement de la décision présidentielle sur l’importation des dix mille bus et vient compléter le dispositif de retrait progressif des véhicules dépassant trente ans d’âge. Les banques concernées ont invité les transporteurs intéressés à se rapprocher de leurs agences dans les meilleurs délais afin d’obtenir toutes les précisions sur les modalités d’octroi du crédit. En parallèle, le sort des vieux bus retirés de la circulation trouve lui aussi une réponse organisée, leur récupération et leur démantèlement étant assurés par la Société nationale de récupération et de valorisation, filiale du Groupe SNS, qui réintègre notamment les composants métalliques dans le cycle industriel national.

Du côté des professionnels, la mesure a été accueillie favorablement. Le président de l’Organisation nationale des transporteurs algériens, Hocine Bouraba, a salué dans une déclaration à l’APS des dispositions qui, selon lui, « contribuent à améliorer les conditions d’exercice de leur activité ». Il a par ailleurs souligné que ce nouveau dispositif de crédit « permettra aussi d’accélérer le rythme de renouvellement du parc national », rappelant à cette occasion que les transporteurs bénéficient déjà d’une exonération de la TVA sur le coût du bus ainsi que d’un soutien de l’État équivalent à 20 % du prix du véhicule, des avantages qui viennent désormais s’ajouter aux facilitations bancaires nouvellement mises en place.

Le dossier du renouvellement du parc automobile de transport reste l’un des chantiers les plus suivis par l’opinion publique. Le ministre Saïd Sayoud avait lui-même relancé le dossier au début de l’été, demandant d’accélérer les procédures pour tenir les délais fixés par la présidence, tout en insistant sur la nécessité d’agir aussi sur le comportement des conducteurs et le respect du code de la route.

Chokri Hafed

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