Surveillance douanière et de contrôle qualité : L’État muscle la surveillance des frontières
Deux textes publiés au Journal officiel viennent redessiner l’architecture du contrôle aux frontières terrestres. Le premier crée officiellement les postes de douane de surveillance le long de la bande frontalière terrestre. Le second porte à 53 le nombre d’inspections chargées du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes aux différents points d’entrée du territoire.
La décision du directeur général des douanes, le général-major Abdelhafid Bakhouche, datée du 1er juin 2026, fixe pour la première fois un cadre juridique propre à ces unités jusque-là organisées de façon plus disparate. Le texte définit le poste de douane de surveillance comme « l’unité structurelle implantée au niveau des frontières terrestres ». Sa mission ne se limite pas à la simple observation. Le texte lui confie « d’assurer une surveillance continue au niveau de la bande frontalière adjacente », d’apporter « le soutien opérationnel aux différentes brigades opérationnelles des douanes » et de garantir « une coordination permanente avec les unités de la gendarmerie nationale compétentes » dans la lutte contre la criminalité transfrontalière. Ces postes devront également veiller à la sécurité du personnel et des biens sur place, ainsi qu’à celle des marchandises saisies jusqu’à leur remise au receveur des douanes compétent.
Le fonctionnement de ces unités est pensé pour coller à la réalité du terrain. Le service y est permanent, jour et nuit, avec des agents organisés selon un système de rotation. Chaque poste est placé sous la responsabilité d’un chef de poste, officier de brigade au minimum, lui-même rattaché à l’inspection principale chargée de la surveillance douanière. Un tableau annexé à la décision fixe la liste, les compétences territoriales et le rattachement de chacune de ces implantations.
Le second volet de cette actualisation réglementaire concerne le Commerce intérieur. Un arrêté interministériel du 5 mai 2026, signé par le ministre des Finances et la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, modifie le dispositif de contrôle qualité aux frontières hérité d’un texte de 2011. Le nombre d’inspections passe ainsi à « cinquante-trois (53) inspections du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes au niveau des frontières terrestres, maritimes, aéroportuaires et des zones et entrepôts sous douane ». Un second arrêté, publié le même jour, actualise la carte de leur implantation, avec une liste qui couvre aussi bien les grands ports comme Alger, Oran, Annaba ou Skikda, que les aéroports internationaux et une série de postes terrestres sensibles, de Bordj Badji Mokhtar à Oum Tboul en passant par Bouchebka.
Cette réorganisation s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des contrôles à l’importation. Le Conseil des ministres du 7 juin dernier avait déjà donné des instructions présidentielles allant dans ce sens, avec pour objectif de doter le pays d’un dispositif plus réactif face aux produits de consommation entrant sur le territoire national. L’enjeu est à la fois sanitaire, économique et sécuritaire, dans un pays qui partage des milliers de kilomètres de frontières terrestres avec sept voisins et qui cherche, en parallèle, à fluidifier ses échanges commerciaux légitimes, comme en témoignent les récentes discussions douanières avec la Tunisie.
Massinissa Raïs

