Économie

Saïdal accélère ses chantiers : Objectif, un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars

Younes Bouarara ne chôme pas ces derniers jours. Le directeur général du groupe public Saidal s’est rendu lundi à Harbil, dans la wilaya de Médéa, pour constater de visu où en est le chantier de la future usine de matières premières pour antibiotiques. Selon le communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique, l’objectif était clairement de « s’enquérir de l’avancement des travaux de réalisation de ce projet ». L’usine de Harbil doit permettre à l’Algérie de produire elle-même la matière première entrant dans la fabrication des antibiotiques, un poste qui pèse lourd sur la facture d’importation du pays avec plus de 75 milliards de dinars par an, rien que pour cette famille de médicaments. Le communiqué du ministère souligne ainsi que le projet s’inscrit « dans le cadre de la stratégie du groupe visant à développer ses capacités de production et à passer de la couverture des besoins du marché national au renforcement de sa présence sur les marchés extérieurs ». Le texte souligne qu’une fois l’unité pleinement opérationnelle, la perspective d’un chiffre d’affaires du groupe avoisinant le milliard de dollars.

Cette sortie du DG répond aussi à une consigne précise du ministre de tutelle, Ouacim Kouidri, soucieux de voir les délais de réalisation tenus sur un chantier jugé stratégique pour ce que le communiqué appelle « la souveraineté pharmaceutique nationale ». Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée plus large pour accélérer les chantiers du groupe pharmaceutique.

Il y a quatre jours à peine, Bouarara supervisait à Constantine la remise en route des lignes de production de l’ex-HUP Pharma, un site à l’arrêt depuis trois ans et désormais repris en main par Saidal. Là encore, la reprise se fait par étapes, en fonction de l’état des équipements et des besoins réels du marché, avec une priorité donnée aux médicaments jugés sensibles pour les patients. Fait notable, pendant les travaux de réorganisation à Médéa, une partie de la production qui y était fabriquée sera justement transférée vers ce site constantinois tout juste réactivé, histoire de ne pas rompre l’approvisionnement du marché national. Ces dernières semaines, le patron de Saidal a enchaîné les visites d’unités, de l’usine Zmirli à El Harrach, où il recevait fin juillet une délégation congolaise venue s’informer des capacités industrielles du groupe, au chantier sétifien d’une unité de matières premières anticancéreuses. Une présence de terrain assumée, qui traduit la pression mise sur le groupe public pour livrer, dans les délais, les projets censés réduire la dépendance du pays aux importations pharmaceutiques. Le communiqué le rappelle d’ailleurs sans détour, cette accélération répond aux « orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à développer une industrie pharmaceutique locale forte ».

Amar Malki

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