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Des cercles anti-algériens en France appellent à empêcher son extradition : Un soutien qui confirme les liens de Aissiou avec le lobby sioniste

Une lettre ouverte signée par une vingtaine de personnalités françaises réclame la libération d’Ayoub Aissiou, l’homme d’affaires algérien condamné à vingt ans de prison pour corruption et actuellement détenu en Espagne, où l’Algérie a demandé son extradition. Loin de servir sa cause, cette mobilisation expose au grand jour le réseau d’influence sur lequel le fugitif s’appuie depuis son exil. Le texte, adressé à Emmanuel Macron et à Pedro Sánchez, dépeint Ayoub Aissiou comme un simple homme de médias persécuté pour avoir critiqué le pouvoir algérien à travers sa chaîne El Djazairia One. Une présentation qui passe sous silence l’essentiel du dossier. Les poursuites engagées contre lui ne portent pas sur sa liberté d’expression, mais sur des faits de corruption et de dilapidation de fonds publics remontant à l’ère Bouteflika, dans le cadre plus large de la lutte contre la grande corruption ouverte après la chute du régime en avril 2019. Le tribunal avait mis 27 minutes, en décembre dernier, à seulement énumérer la liste de ses biens saisis, tant l’empire immobilier et multisectoriel constitué par cet homme était devenu tentaculaire.

Ce qui frappe surtout, c’est la composition de la liste des signataires. On y retrouve l’avocat Arno Klarsfeld, l’essayiste Éric Naulleau, l’écrivain Boualem Sansal, la polémiste Céline Pina, l’ancien ministre Bernard Kouchner, mais aussi le philosophe Daniel Salvatore Schiffer, l’écrivain Marek Halter, l’essayiste Pascal Bruckner ou encore Hassen Chalghoumi, une personnalité religieuse régulièrement associée à des prises de position favorables à Israël. Un casting qui n’a rien d’un hasard éditorial et qui trahit, davantage qu’il ne dissimule, la nature réelle des soutiens dont bénéficie Aissiou.

La presse nationale n’a pas tardé à s’emparer du sujet. El Watan a titré sur des « connexions israéliennes et lobbies de l’ombre », en évoquant des relations et des agissements criminels d’une exceptionnelle gravité, commis durant la période de « l’Issaba ». Le quotidien retrace le parcours du fugitif depuis sa fuite vers la France le 3 avril 2019, quelques jours à peine avant la chute de Bouteflika, puis son installation progressive dans un jeu d’influences entre Paris et la Suisse. L’intérêt d’Aissiou pour le Maroc, selon ces mêmes révélations, remonterait à 2014, avec une nette accélération après la rupture des relations diplomatiques algéro-marocaines, où ses déplacements vers le royaume seraient devenus quasiment mensuels. Les premiers contacts formels avec des officiers du Makhzen se seraient noués la même année, à Paris. Un rapprochement qui se serait renforcé en 2023 autour du journaliste Mohamed Sifaoui, un intermédiaire clé ayant facilité l’accès d’Aissiou à des cercles du renseignement français.

Reste le volet le plus lourd de conséquences pour l’image du personnage à savoir ses voyages dans l’entité sioniste. Un premier déplacement aurait eu lieu en 2022, suivi d’au moins deux autres, selon des informations relayées par son entourage. Une fréquence qui écarte d’emblée l’hypothèse d’un simple concours de circonstances.

El Khabar, de son côté, s’interroge sur les motivations réelles de ces intellectuels et politiques français prêts à défendre un homme condamné pour corruption, et y voit une tentative à peine voilée d’impliquer l’Élysée dans un dossier purement judiciaire algérien. L’instruction judiciaire, elle, continue d’avancer indépendamment de ce tapage médiatique. Deux anciens gardes du corps d’Aissiou, qui l’ont accompagné durant des années dans ses déplacements, détiendraient des éléments susceptibles de reconstituer précisément ses trajets entre le Maroc, l’Europe et l’entité sioniste. Leur audition pourrait apporter un poids probatoire décisif à un dossier déjà consistant. Dans un contexte régional où les affaires liant hommes d’affaires et services de renseignement étrangers se multiplient, à l’image de la récente condamnation pour espionnage confirmée en Azerbaïdjan, la justice algérienne attend désormais la réponse des autorités espagnoles sur la demande d’extradition.

Hocine Fadheli

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