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Le Président Tebboune reçoit le nouveau président de l’ANIE : L’engagement pour la transparence des processus électoraux réaffirmé

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a reçu mercredi le nouveau président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Saad Arous, deux jours à peine après sa nomination et à trois mois d’un scrutin local qui s’annonce déjà comme un test grandeur pour  la nouvelle direction l’institution.

L’audience, annoncé par un communiqué de la Présidence, a réuni mercredi le chef de l’État et Saad Arous, avocat et ancien parlementaire nommé à la tête de l’ANIE. Une rencontre que le principal intéressé a lui même qualifiée d’« importante et responsable », précisant à sa sortie de l’audience avoir « écouté les orientations et la vision du président de la République concernant la poursuite du renforcement des institutions de l’État et la consolidation de l’État de droit et de la pratique démocratique ».

Dans sa déclaration, Saad Arous a insisté sur le rôle constitutionnel de l’Autorité qu’il dirige désormais, soulignant qu’elle est la garante de « l’intégrité et de la transparence du processus électoral » et comme un levier essentiel pour « renforcer la confiance du citoyen dans ses institutions et dans le processus électoral dans son ensemble ». Il a par ailleurs tenu à exprimer sa « profonde gratitude » pour la confiance placée en lui, s’engageant à œuvrer aux côtés des membres et des cadres de l’Autorité « en toute indépendance et responsabilité », dans le souci de préserver la sincérité du vote et l’héritage des martyrs.

Cette audience ne doit rien au hasard du calendrier. Elle survient deux jours seulement après que le Président Tebboune a signé deux décrets présidentiels, l’un mettant fin à l’intérim assuré par Karim Khelfane à la tête de l’ANIE, l’autre installant Saad Arous dans ses nouvelles fonctions. Un changement à la tête de l’institution qui intervient à un moment charnière, puisqu’il précède la convocation attendue du corps électoral en vue des élections locales et qui est imminente.

Ce scrutin devrait se tenir entre fin novembre et début décembre, sur la base des délais fixés par la loi organique relative au régime électoral. Le décret de convocation du corps électoral, prérogative que l’article 91 de la Constitution confère au chef de l’État, doit intervenir 90 jours avant le jour du vote et sera publié au Journal officiel dès sa signature, ouvrant formellement la révision des listes électorales et le dépôt des candidatures.

La nouvelle direction de l’’ANIE version aborde cette échéance dans une configuration largement remodelée. Depuis 2021, le conseil de l’Autorité a déjà vu ses effectifs réduits de 50 à 20 membres en application de la loi organique sur le régime électoral, et un nouveau resserrement le fera passer à seulement 10 membres. Une cure d’amaigrissement institutionnel censée gagner en efficacité, mais qui devra faire ses preuves face à l’ampleur logistique d’un scrutin local, plus complexe qu’une élection nationale comme ce fu le cas des dernières législatives du fait de la multiplication des listes et des candidats à l’échelle des communes et des wilayas.

Plusieurs dossiers sensibles attendent l’équipe de Saad Arous. La collecte et la validation des signatures de parrainage, opération qui avait suscité lors des dernières législatives des critiques de partis et de listes candidates en raison de retards dans le démarrage des vérifications et d’un engorgement observé dans certaines communes, figure parmi les priorités. Le traitement des dossiers de candidature dans les délais légaux, également mis à mal lors du précédent scrutin, constitue un autre chantier, tout comme la mise à jour du fichier électoral, rendue plus sensible encore par le récent redécoupage administratif.

À cela s’ajoute la révision exceptionnelle des listes électorales, que l’Autorité devra engager dès la signature du décret de convocation, avant même l’ouverture du dépôt des dossiers de candidature, et dans le respect des quotas de représentation fixés par la loi organique pour les jeunes, les diplômés universitaires et les femmes. Ces réglages successifs de la loi électorale, entre resserrement du conseil de l’ANIE et ajustements procéduraux, traduisent une volonté affichée de corriger le tir après les couacs constatés lors des derniers rendez-vous électoraux.

Hocine Fadheli

admin

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