Le Premier ministre nigérien entame une visite de deux jours en Algérie : Niamey et Alger resserrent les liens
Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a atterri mercredi soir à Alger à la tête d’une délégation ministérielle étoffée, entamant une visite de travail de deux jours qui vient consolider un rapprochement algéro-nigérien engagé depuis le début de l’année et désormais porté par une coopération concrète, énergétique, économique et sécuritaire.
Selon le communiqué diffusé par les services du Premier ministre algérien, cette arrivée ouvre une visite de travail de deux jours qui s’inscrit dans le prolongement des efforts engagés pour approfondir les liens de coopération et de partenariat entre les deux pays voisins. Ali Mahamane Lamine Zeine n’est pas venu seul. Il a fait le déplacement avec un aréopage ministériel qui donne d’emblée le ton de la visite. À l’aéroport, c’est le Premier ministre Sifi Ghrieb qui a réservé l’accueil à son homologue, entouré d’une brochette de responsables de premier plan parmi lesquels Ahmed Attaf, ministre d’État chargé des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Mohamed Arkab, ministre d’État aux Hydrocarbures, Abdelkrim Bouzred aux Finances, Mourad Adjal à l’Énergie et aux Énergies renouvelables, Sid Ali Zerrouki à la Poste et aux Télécommunications, ainsi qu’Abdelkader Djellaoui aux Travaux publics et Infrastructures de base. Karima Bekir Tafer, secrétaire d’État auprès du ministre des Mines, complétait le dispositif, aux côtés du général major Mohamed Salah Bencheikh, secrétaire général du ministère de la Défense nationale, de Boualem Chebihi, directeur général Afrique aux Affaires étrangères, et d’Ahmed Saadi, ambassadeur d’Algérie à Niamey.
Le communiqué souligne que cette visite s’inscrit dans la dynamique que connaissent les relations algéro-nigériennes depuis plusieurs mois et qu’elle reflète la traduction de la volonté commune du président Abdelmadjid Tebboune et de son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, de donner un nouveau souffle aux relations bilatérales et de les porter vers des horizons plus larges. Le texte insiste sur l’objectif de bâtir un partenariat renouvelé et efficace, susceptible de soutenir le développement, la stabilité, et de renforcer la coopération et l’intégration régionale sur le continent africain.
Cette formule n’a rien d’un vœu pieux. Elle reflète une trajectoire déjà bien engagée entre les deux capitales. En février dernier, la visite du général Tiani à Alger a permis de relancer le dialogue entre les deux capitale et de consolider la coopération bilatérale. Depuis, les deux chefs d’État ont multiplié les gestes concrets, réactivation des mécanismes de contrôle frontalier, mais surtout une coopération économique et énergétique qui s’est accélérée tout au long de l’année.
En juin, Sifi Ghrieb s’était rendu à Niamey pour inaugurer la centrale électrique de la solidarité algéro-nigérienne à Gorou Banda, un don algérien de 40 mégawatts destiné à renforcer les capacités électriques du pays voisin. Il avait alors été reçu par le président Tiani. Deux mois plus tard, à la mi-août, Ghrieb retournait sur le champ pétrolier de Kafra pour donner, aux côtés de son homologue nigérien, le coup d’envoi du forage du puits d’exploration Kafra Sud Est 1, un projet mené par Sonatrach dans le prolongement des conclusions de la grande commission mixte de coopération réunie en mars à Niamey.
La visite qui s’ouvre à Alger n’est donc que le dernier maillon d’une séquence dense, et elle confirme un mouvement plus large. Depuis le début de l’année, l’Algérie a multiplié les initiatives en direction de l’ensemble des capitales sahéliennes. Le Burkina Faso a scellé avec Alger des accords dans les mines, l’énergie et les hydrocarbures. Le Mali, avec lequel les rapports étaient minés par une crise ouverte depuis 2025, a fini par renouer des relations diplomatiques cet été. Ce retour en force au Sahel s’appuie sur une méthode reconnaissable, celle d’un partenariat utile et visible plutôt que sur des postures. Il puise dans une doctrine ancienne de la diplomatie algérienne, celle de la solidarité panafricaine et du partenariat gagnant gagnant, portée par la conviction que la stabilité régionale ne se construit durablement que sur le socle de la prospérité partagée.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le séjour d’Ali Mahamane Lamine Zeine à Alger, entre continuité diplomatique, projets énergétiques et ambition régionale assumée par l’Algérie qui reste un acteur incontournable de l’équation sahélienne, aussi bien sur le terrain sécuritaire qu’économique.
Salim Amokrane

