Décolonisation du Sahara occidental : Brahim Ghali exhorte l’Union africaine à assumer pleinement son rôle
Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Brahim Ghali, a exhorté dimanche l’Union africaine à assumer ses responsabilités dans le parachèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental, dernière colonie subsistant sur le continent africain. S’exprimant devant la 21e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’UA, consacrée au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique, le chef de l’État sahraoui a affirmé que le dossier sahraoui demeure « une question purement africaine ». Il a estimé que la responsabilité de l’organisation panafricaine impose qu’elle œuvre, main dans la main avec les Nations unies, à mener à son terme la décolonisation du territoire occupé.
Le président Ghali a plaidé pour que l’UA assume pleinement son rôle sur ce dossier, rappelant qu’il s’agit d’une question de décolonisation inscrite depuis longtemps à l’agenda de l’organisation continentale. Il a appelé à poursuivre l’action commune avec l’ONU pour permettre au peuple sahraoui d’aller jusqu’au bout de son processus de décolonisation.
Le rôle de l’Algérie salué
Le dirigeant sahraoui a par ailleurs tenu à saluer l’engagement constant de l’Algérie aux côtés des causes de libération sur le continent, ainsi que sa contribution reconnue au règlement de plusieurs conflits africains et à la consolidation de la paix et de la stabilité régionales. Il a souligné qu’Alger dispose d’une expérience éprouvée en matière de médiation, forgée par la résolution de plusieurs crises sur le continent.
Brahim Ghali a réitéré l’attachement de la RASD au rôle de l’UA dans la recherche d’une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental, une solution qui devrait s’inscrire dans le strict respect des principes de l’Acte constitutif de l’organisation et des règles du droit international, et ouvrir la voie à l’exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.
Le président sahraoui a par ailleurs lié l’aboutissement des engagements pris lors du sommet extraordinaire de Johannesburg de 2020 sur l’initiative « Faire taire les armes », ainsi que ceux du sommet de Nairobi du Conseil de paix et de sécurité, à l’achèvement de la décolonisation du continent, au respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et au rejet de toute occupation ou tentative de modification des frontières par la force.
Il a conclu son intervention par un plaidoyer pour le renforcement des outils déjà existants plutôt que la multiplication de nouveaux mécanismes. « Alors que nous saluons les étapes importantes franchies par l’UA dans la construction d’un système continental de paix et de sécurité, nous estimons que le véritable défi ne réside plus dans la création de nouveaux mécanismes, mais plutôt dans le fait de doter les mécanismes existants des moyens nécessaires à leur efficacité et à leur réussite », a-t-il déclaré, appelant à un suivi rigoureux de la mise en œuvre des décisions de l’UA relatives aux dossiers de décolonisation et d’autodétermination.
R.I.

