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Washington attaque, Téhéran riposte : Nouvelle escalade dans le détroit d’Ormuz

L’armée américaine a mené dimanche soir ses premières frappes en un mois contre des positions iraniennes situées sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz, provoquant en retour des tirs de missiles et de drones iraniens contre des bases américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, un regain de tension qui relance les craintes d’un embrasement prolongé au Moyen-Orient et fait bondir les cours du pétrole.

Le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Tim Hawkins, a indiqué que les forces américaines avaient visé « deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak », après avoir observé des unités des Gardiens de la révolution se préparer, selon lui, à larguer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit. L’agence de presse iranienne Tasnim a fait état de deux morts et deux blessés du côté iranien.

En représailles, les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir frappé, à l’aide de missiles balistiques et de drones, des installations militaires américaines sur deux bases aériennes en Jordanie. Téhéran a également revendiqué une attaque par drones contre une base aux Émirats arabes unis, où seraient stationnés des hélicoptères et des troupes américains, ainsi que la destruction d’un drone américain au-dessus du détroit. Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné dans un communiqué « l’agression militaire » américaine contre l’île de Larak, la qualifiant de nouvelle violation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la République islamique. Téhéran a indiqué que ses frappes contre les bases américaines en Jordanie étaient une riposte défensive, invoquant l’article 51 de la Charte des Nations unies relatif au droit à la légitime défense, après ce qu’il décrit comme une violation de l’article 2, paragraphe 4, du même texte. La diplomatie iranienne a rappelé au Conseil de sécurité et au secrétaire général de l’ONU leur responsabilité dans le maintien de la paix internationale, estimant que l’insécurité persistante dans le Golfe et le détroit d’Ormuz découle des actions qu’elle qualifie d’illégales menées par Washington et Israël depuis le début du conflit, fin février.

Ces échanges de tirs interviennent alors que la guerre entamée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran est entrée dans son septième mois, sans que les efforts diplomatiques engagés par le Pakistan, médiateur depuis la signature d’un protocole d’accord à Islamabad en juin, n’aient permis de ramener durablement les parties à la table des négociations. Le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré, avant de s’envoler pour le Kirghizstan où se tient un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, que son pays « ne cherche pas la guerre » mais qu’il ne « restera jamais les bras croisés » face à toute agression.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant le conflit près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux, demeure au cœur des hostilités. Téhéran en contrôle l’accès de façon quasi continue depuis février, tandis que Washington maintient un blocus des ports iraniens. Le Centcom affirme avoir achevé le déminage des voies de navigation internationales, mais les Gardiens de la révolution ont indiqué qu’un « superpétrolier » avait heurté deux mines lors d’une tentative de franchissement illégale, provoquant un incendie à bord. Par ailleurs, les autorités iraniennes ont saisi un vraquier transportant du sucre, accusé d’avoir déversé en mer un mélange d’hydrocarbures et de boues industrielles, au large de la province de Hormozgan.

Sur le plan économique, l’administration Trump, qui privilégiait ces dernières semaines la pression financière plutôt que les frappes directes, devrait profiter de la réunion des ministres des Finances du G20 organisée lundi et mardi en Caroline du Nord pour durcir le ton. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a averti que de nouvelles sanctions secondaires, ciblant en priorité le secteur bancaire, seraient annoncées « chaque semaine », avertissant les institutions financières qu’il leur serait interdit de détenir des fonds iraniens ou de faciliter des transactions avec Téhéran. Il a exhorté les pays du G20, dont la Chine, partenaire commercial majeur de l’Iran, à choisir leur camp, celle-ci ayant fait savoir qu’elle entendait défendre fermement ses intérêts. L’annonce des nouvelles frappes a immédiatement pesé sur les marchés pétroliers, le baril de Brent repassant au-dessus du seuil des 90 dollars, tandis que le baril de référence américain progressait également.

Lyes Saïdi

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