Culture

Une caravane culturelle de solidarité avec les sinistrés : Un remède pour les âmes

Les caravanes solidaires du ministère de la Culture et des Arts posent leurs valises dans les wilayas ravagées par les incendies, avec des livres, des jeux et des artistes venus redonner le sourire aux enfants.

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouada, a donné le coup d’envoi jeudi au Palais de la culture Moufdi Zakaria d’une vaste opération de solidarité culturelle destinée aux enfants des régions touchées par les récents incendies. Baptisée « Caravanes de la culture, main dans la main, l’Algérie est une », l’initiative a depuis pris la route vers Jijel, Béjaïa, Skikda et Tizi Ouzou, portée par des dizaines d’artistes et de créateurs mobilisés pour l’occasion. Le communiqué du ministère précise que cette action « s’inscrit dans le plan culturel solidaire du secteur, visant à accompagner les sinistrés, en particulier les enfants, à travers des espaces de loisirs, d’expression et de créativité, et à contribuer à atténuer les effets psychologiques laissés par les incendies ». Une manière pour le département ministériel de rappeler que le travail culturel ne s’arrête pas aux salles de spectacle ou aux librairies, et qu’il peut aussi se glisser dans les moments les plus difficiles traversés par des familles entières.

Concrètement, la caravane déploie des moyens conséquents. Le communiqué évoque 24 bibliothèques mobiles, 20 000 livres et contes, ainsi que 24 000 jeux éducatifs et récréatifs, sans oublier le matériel de dessin et les ateliers artistiques mis à disposition des plus jeunes. De quoi occuper les enfants sur plusieurs journées, loin des images de désolation qui ont marqué l’été.

Sur place, la première étape s’est déroulée au centre de formation professionnelle de Chekfa, à Jijel. Selon le communiqué diffusé par le ministère, les enfants y ont vécu « des moments de joie et de bonheur », grâce à des activités qui leur ont offert « un espace d’expression et de créativité » et qui ont « redessiné le sourire sur leurs visages ». Les artistes qui accompagnent le convoi n’ont pas été de simples spectateurs. Le texte souligne qu’ils ont partagé ces instants avec les enfants, dans « une présence humaine qui incarne la place de l’artiste aux côtés de sa société, et sa capacité à faire de la culture un acte d’accompagnement et de réconfort, et de l’art un espace d’espoir dans les circonstances les plus difficiles ». Le ministère précise également que l’appel reste ouvert. Les caravanes « attendent les artistes et créateurs désireux d’accompagner les enfants », afin de leur offrir « des moments de joie » et de les aider à « retrouver l’espoir », et ce dans toutes les zones touchées, wilaya par wilaya.

La ministre de la Culture Malika Bendouda a d’ailleurs tenu à adresser un message pour l’occasion. Dans un texte publié sur sa page, la ministre écrit que « sur cette terre, il y a encore quelque chose qui mérite la vie », avant d’ajouter que « les caravanes de la culture sont arrivées ». Elle y salue « tous les artistes, créateurs, acteurs culturels et créateurs de contenu qui ont accompagné la caravane », disant apprécier « ce sens national, cette fidélité envers les gens dans les moments d’épreuve ». Elle poursuit en affirmant que « chacun d’eux a porté quelque chose de sa bonté vers les enfants ».

La formule qui donne son nom à l’opération, « main dans la main », prend ici tout son sens. La ministre l’explique elle-même en écrivant que « l’Algérie se construit aussi par ce qu’une main donne à une autre, et ce qu’un cœur offre à un cœur ». Elle conclut son message en assurant que les caravanes « poursuivent leur chemin et leur noble mission », et qu’elles attendent « chaque artiste, créateur et homme de culture qui veut venir vers les enfants avec son conte, son art, et la chaleur de sa présence ».

Face au feu qui a tout emporté sur son passage, le ministère de la Culture a choisi de répondre par les livres, le dessin et la présence humaine, misant sur l’idée qu’un conte lu à voix haute ou un atelier de peinture peuvent, à leur échelle, aider un enfant à retrouver le sourire.

Mohand Seghir

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