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Un centre national de formation au maintien de la paix : Un outil au service de l’engagement continental de l’Algérie

Un décret présidentiel publié dans le dernier Journal officiel institue un centre algérien de formation dédié au maintien de la paix, placé sous la tutelle du ministère de la Défense nationale. Ce nouvel établissement vient consolider la position de l’Algérie dans les opérations onusiennes et africaines de soutien à la paix.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé le 23 août dernier un décret présidentiel portant création d’un centre algérien de formation dans le domaine du maintien de la paix, publié dans l’édition du Journal officiel datée du 1er septembre. Le texte, pris sur rapport du ministre de la Défense nationale, fixe les missions, l’organisation et le fonctionnement de cette nouvelle structure, dont le siège est établi à Alger.

Le décret définit le centre comme « un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, placé sous la tutelle du ministère de la défense nationale ». Sur le plan des activités, il est chargé de « dispenser des formations de niveau stratégique, opérationnel et tactique dans le domaine du soutien et du maintien de la paix, en présentiel ou à distance, au profit des personnels militaires et civils, nationaux et étrangers, concernés par les opérations de soutien et de maintien de la paix ». Il pourra également organiser des sessions à la carte, des séminaires et des conférences nationales et internationales en lien avec son domaine de compétence.

Le texte précise que les programmes de formation, les conditions d’accès, les spécialités et les règles d’évaluation seront fixés par un arrêté du ministre de la Défense, établi « selon les normes et standards de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes relatives à la préparation des personnels constituant les composantes militaires, policières, de gendarmerie et civiles, dans le cadre des opérations de soutien et de maintien de la paix ». Cette référence aux trois organisations traduit la volonté de calibrer l’offre de formation sur des standards reconnus à l’échelle internationale, permettant au centre de former aussi bien des cadres algériens que des stagiaires étrangers.

Sur le plan organisationnel, l’établissement sera dirigé par un directeur nommé selon la réglementation en vigueur au sein du ministère de la Défense, et disposera d’un conseil pédagogique chargé de définir et d’évaluer les programmes ainsi que les méthodes d’enseignement. Ce conseil réunira des représentants du ministère de la Défense, du ministère des Affaires étrangères et de celui de l’Enseignement supérieur. Le décret prévoit par ailleurs que la formation pourra être assurée non seulement par des personnels militaires et civils du secteur de la Défense, mais aussi par des enseignants-chercheurs relevant de l’Enseignement supérieur, ainsi que par des experts et formateurs nationaux ou étrangers, en activité ou à la retraite, recrutés selon la réglementation en vigueur.

Cette création intervient à un moment particulier pour la diplomatie de défense algérienne. Durant le mois d’août 2026, l’Algérie a assuré la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, dans le cadre de ses engagements continentaux en faveur du règlement pacifique des conflits et du renforcement de l’action africaine commune. Le pays a par ailleurs siégé à plusieurs reprises comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la plus récente fois entre 2024 et 2025, où il a coordonné le groupe A3+ regroupant les délégations africaines et le Guyana sur les dossiers de paix et de sécurité.

L’enjeu de la démarche dépasse ainsi le seul cadre institutionnel. En se dotant d’un outil de formation dédié, l’Algérie entend structurer et pérenniser sa contribution aux opérations de soutien à la paix, dans un contexte où les Nations unies elles-mêmes font face à des contraintes budgétaires croissantes sur leurs missions de maintien de la paix à travers le monde. Le nouveau centre vise également à renforcer la capacité du pays à projeter son expertise militaire et civile au service de la stabilité régionale et continentale, en ligne avec le rôle que l’Algérie revendique dans la prévention et le règlement des crises en Afrique et dans le monde arabe.

Le décret précise enfin que le budget du centre comportera un titre de recettes, alimenté notamment par les subventions de l’Etat, les recettes propres de ses activités ainsi que les dons et legs, et un titre de dépenses couvrant le fonctionnement, l’investissement et les autres charges liées à ses missions, la comptabilité étant tenue selon les règles applicables aux établissements publics.

Salim Amokrane

admin

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