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Médicaments : La Tanzanie sollicite le savoir-faire et les investissements algériens

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a reçu, lundi à Alger, l’ambassadeur de Tanzanie, Mobhare Holmes Matinyi, pour examiner les voies d’un partenariat industriel entre les deux pays, avec en ligne de mire la fabrication, dans des unités algériennes, de médicaments destinés au marché tanzanien.

Reçue au siège du ministère, la délégation tanzanienne a passé en revue avec Ouacim Kouidri « les opportunités et les perspectives de renforcement des relations de coopération et des échanges commerciaux entre les deux pays dans le domaine de l’industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux », précise un communiqué du département ministériel, qui évoque « l’intérêt porté par la Tanzanie aux capacités dont dispose l’Algérie dans ce domaine ». Les deux parties se sont notamment penchées sur le mémorandum d’entente déjà signé entre l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) et son homologue tanzanienne, présenté comme un cadre destiné à « renforcer la coopération institutionnelle et l’échange d’expertises dans le domaine de la réglementation et du contrôle des produits pharmaceutiques », tout en facilitant l’enregistrement mutuel des médicaments entre les deux marchés.

L’entretien a également permis de préparer une visite de travail en Tanzanie, prévue en octobre, qu’effectuera une délégation du secteur pour explorer les opportunités de partenariat et d’investissement et engager un transfert de savoir-faire algérien, en vue de « contribuer au développement et au renforcement des capacités de l’industrie pharmaceutique tanzanienne ». Sur le fond industriel, Alger et Dar es-Salaam ont évoqué la possibilité de produire, au sein des unités algériennes, des médicaments calibrés sur les besoins spécifiques du marché tanzanien, en accordant une attention particulière à la formation des ressources humaines et au transfert d’expertise. Au terme de la rencontre, les deux parties ont insisté sur la nécessité de poursuivre la coordination pour concrétiser ces pistes de coopération, « au service des intérêts communs des deux pays » et du renforcement de la « sécurité et de la souveraineté pharmaceutiques » à l’échelle du continent. Cette rencontre s’ajoute à une série d’initiatives similaires qui consolident, mois après mois, la place de l’Algérie comme pôle pharmaceutique de référence en Afrique. Le pays couvre désormais plus de 80 % de sa consommation nationale de médicaments grâce à la production locale et concentre, selon les chiffres avancés par les autorités et corroborés par l’Organisation mondiale de la santé, environ 230 des quelque 650 usines pharmaceutiques recensées sur le continent, soit près d’un tiers des capacités industrielles africaines. Une évaluation finale de l’OMS, attendue ce mois-ci, doit permettre à l’Algérie de décrocher la certification de maturité réglementaire NM3, présentée par le ministre Kouidri comme un « levier direct pour l’entrée des médicaments algériens sur le marché africain ».

Le pays a par ailleurs franchi plusieurs étapes concrètes sur le terrain de l’export, avec près de 46 millions de dollars de médicaments exportés en 2024, dont une large part vers des pays africains, et la signature, à l’issue de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale du médicament tenue à Alger fin 2025, de cinq contrats d’exportation vers la Mauritanie, le Mali et le Sénégal pour une valeur cumulée de dix millions de dollars. Cette dynamique s’inscrit dans la « Déclaration d’Alger », feuille de route de complémentarité pharmaceutique continentale, à laquelle le rapprochement engagé avec la Tanzanie vient aujourd’hui s’ajouter, dans un contexte où le continent africain continue d’importer entre 70 et 90 % de ses besoins en produits de santé.

Malik Meziane

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