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Face à la taxe carbone aux frontières : Asmidal blinde ses exportations vers l’Europe

Le groupe Asmidal renforce son dispositif de conformité environnementale à l’export. À travers sa filiale Fertial, il vient de signer avec le Centre de recherche en environnement de Annaba une convention de cinq ans pour mesurer et vérifier ses émissions de carbone sur ses deux principaux sites de production. Une démarche directement liée à l’entrée en vigueur du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières, dont dépend désormais l’accès des engrais algériens au marché européen.

Le groupe Asmidal et le Centre de recherche en environnement de Annaba ont signé, lundi au siège de Fertial, une convention cadre de cinq ans assortie d’un contrat d’application portant sur la mise en place d’un système de mesure, de déclaration et de vérification des émissions de carbone, une démarche destinée à sécuriser les exportations du groupe vers le marché européen. La cérémonie de signature s’est tenue en présence du président directeur général du groupe, Mohamed Noureddine Benkada, de la directrice générale du CRE, Zihad Bouslama, ainsi que des cadres des deux parties contractantes.

Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l’application du système MRV, pour « Measurement, Reporting and Verification », conformément à la norme ISO 14064:2018, au niveau des usines de Fertial implantées à Annaba et à Arzew. L’objectif affiché est clair, il s’agit de « répondre aux exigences du CBAM », le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières mis en place par l’Union européenne, et de « contribuer à sécuriser et protéger les exportations de la société vers le marché européen ». Ce mécanisme européen, entré dans sa phase progressive d’application, impose désormais aux importateurs de produits à forte intensité carbone, dont les engrais azotés, de déclarer et à terme de compenser financièrement les émissions générées lors de leur production. Pour un exportateur algérien comme Asmidal, disposer d’un système fiable de mesure et de vérification de son empreinte carbone devient ainsi une condition de maintien de sa compétitivité sur le marché européen, plutôt qu’une simple option environnementale.

La convention associe l’expertise scientifique du Centre de recherche en environnement à la réalité industrielle des deux complexes de production de Fertial, filiale du groupe public Asmidal, principal opérateur national dans la fabrication et la commercialisation des engrais. Les deux sites concernés, celui d’Annaba à l’est du pays et celui d’Arzew à l’ouest, concentrent l’essentiel de la capacité de production d’engrais azotés et phosphatés destinée aussi bien au marché local qu’à l’export.

Pour les deux parties signataires, cette initiative « constitue une nouvelle étape » qui confirme « l’engagement du groupe Asmidal et de Fertial en faveur du développement durable et de la transition vers une industrie plus compétitive et plus respectueuse de l’environnement ».

Cette convention traduit une tendance de fond chez les groupes industriels algériens tournés vers l’export, appelés à adapter progressivement leurs outils de production et leurs procédures de traçabilité environnementale aux nouvelles normes climatiques imposées par leurs principaux partenaires commerciaux, l’Union européenne en tête.

Sabrina Aziouez

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