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Sahara occidental : Boulos douche les espoirs de Rabat et vante le rôle d’Alger

L’émissaire de Trump pour les affaires arabes et africaines a douché les espoirs marocains d’un règlement imminent et en leur faveur de la question du Sahara occidental, tout en saluant l’Algérie comme « un très bon partenaire » de Washington dans ce dossier.

Il n’existe aujourd’hui aucune issue proche au conflit du Sahara occidental, selon Massad Boulos. Le conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines l’a affirmé jeudi dans un entretien accordé au service anglophone de France 24, en marge du troisième cycle de pourparlers réunissant le Maroc et le Front Polisario sous l’égide de Washington et des Nations unies. Interrogé sur ses perspectives concernant une sortie de crise, le haut responsable américain n’a laissé planer aucune ambiguïté. « Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de solution qu’on puisse sentir ou toucher », a-t-il déclaré, balayant du même geste les spéculations qui donnaient le dossier proche d’un dénouement.

Trois rounds de discussions ont pourtant eu lieu ces derniers mois entre les deux parties, en Espagne puis aux États-Unis, avec l’Algérie et la Mauritanie associées au processus en qualité d’observatrices. Ces échanges avaient nourri, côté marocain, un discours triomphant laissant entendre que la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025, avait scellé une issue favorable à Rabat. Les propos de Boulos viennent contredire cette lecture.

L’émissaire américain a qualifié ces trois cycles de négociations de « constructifs et fructueux », sans pour autant cacher qu’ils n’avaient débouché sur aucun accord concret. Washington reste désormais suspendu à la position du Front Polisario. « Il n’y a pas de solution imminente au conflit du Sahara occidental, et nous attendons les commentaires du Polisario sur l’autonomie », a-t-il précisé.

Le conseiller de la Maison Blanche a insisté sur l’ampleur du travail restant à accomplir avant d’espérer une avancée réelle. « Il reste encore beaucoup à faire, beaucoup de travail à accomplir et nous attendons toujours un retour du Front Polisario sur l’autonomie, sur lequel nous pourrons travailler », a-t-il ajouté, confirmant que la diplomatie américaine se refuse à toute précipitation ni à fixer un quelconque ultimatum, contrairement à ce que réclamait Rabat.

Au delà de la question du calendrier, c’est surtout la manière dont Boulos a évoqué le rôle de l’Algérie qui mérite l’attention. Depuis des années, la diplomatie marocaine et ses relais présentent Alger comme le principal verrou du dossier, l’accusant de faire obstacle à toute résolution. Le conseiller américain a pris le contre-pied de cette accusation en qualifiant l’Algérie de partenaire précieux de Washington, saluant une implication constructive du président Abdelmadjid Tebboune et de son gouvernement dans la recherche d’une issue au conflit.

Boulos a toutefois pris soin de rappeler les limites du rôle que peut jouer Alger dans ce processus. L’Algérie ne détient pas le pouvoir d’imposer une solution au Front Polisario, a-t-il expliqué, mais elle peut contribuer à faire avancer les discussions. « Il reste du travail à accomplir, et c’est pourquoi les États-Unis continuent de dialoguer avec le Front Polisario », a-t-il expliqué, rappelant au passage que les deux véritables parties au conflit, au regard du droit international et du cadre onusien, demeurent le Maroc et le Front Polisario.

Ce rappel a valeur de désaveu pour le narratif marocain, qui s’emploie depuis des années à faire porter à l’Algérie et à la Mauritanie une responsabilité qui ne leur incombe pas, ces deux pays n’ayant qu’un statut de voisins associés au processus.

Sur la question d’un règlement à plus long terme, l’émissaire américain a maintenu une prudence assumée. Il s’est dit optimiste sur le principe, sans pour autant apercevoir de signe tangible annonçant une issue prochaine. « Pour le moment, nous n’avons aucune solution imminente que nous puissions entrevoir ou même pressentir », a-t-il conclu.

Ces déclarations interviennent alors que le Conseil de sécurité doit se pencher, en octobre prochain, sur la mise en œuvre de la résolution 2797 votée un an plus tôt, avant de statuer sur le renouvellement du mandat de la Minurso, la mission des Nations unies chargée du référendum au Sahara occidental. Une nouvelle résolution est attendue à cette occasion.

Il faut souligner que Massad Boulos s’est rendu à quatre reprises en Algérie depuis sa prise de fonction, où il a été reçu par le président Tebboune. À chacune de ses visites, il a tenu des propos élogieux sur le rôle joué par Alger dans la région, que ce soit au Sahara occidental ou plus largement dans la bande sahélienne.

Samir Benisid

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