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Le premier ministre nigérien salue à l’ONU le rôle d’Alger : « Le Niger est debout grâce à l’accompagnement de l’Algérie »

Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a tenu à saluer publiquement le rôle joué par l’Algérie aux côtés de son pays, affirmant devant la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies que le Niger a pu tenir face à ses multiples défis grâce aux sacrifices de son peuple, à la solidarité entre les Etats du Sahel et à l’accompagnement constant d’Alger. Prononcé vendredi dans le cadre du débat général de la semaine de haut niveau de la 81e session de l’AGNU, le discours du chef du gouvernement nigérien a longuement mis en avant les liens entre les deux pays voisins. « Le Niger est debout parce que la République algérienne démocratique et populaire, pays frère et voisin, a choisi de l’accompagner par un investissement substantiel dans l’exploitation de ses ressources naturelles et par un soutien constant à son système de défense », a-t-il déclaré, avant de souligner que la relation entre Alger et Niamey repose sur une « coopération dynamique » couvrant la santé, l’éducation, l’énergie, l’hydraulique et l’agriculture.

Ces propos interviennent dans un contexte de consolidation de la coopération entre Alger et Niamey. En janvier, le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, s’était rendu à Niamey pour relancer les discussions sur le forage du champ pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger, et sur le TSGP, ce pipeline de 4.000 kilomètres censé acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le réseau algérien. En mars, une réunion d’experts tenue à Niamey en amont de la Grande commission mixte algéro-nigérienne a permis d’élargir les échanges à l’énergie, aux infrastructures, aux télécommunications et aux finances. En août, l’Algérie et le Niger ont lancé les travaux de forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1, tandis que Sonatrach poursuit l’accompagnement du Niger dans la valorisation de ses ressources pétrolières.

Paris au banc des accusés

Le Premier ministre Lamine Zeine a également cité la route transsaharienne parmi les projets structurants à dimension régionale portés conjointement par les deux pays, tout en rappelant que l’Algérie a contribué au renforcement des infrastructures énergétiques nigériennes à travers la réalisation d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Niamey.

C’est dans ce même discours, prononcé devant l’Assemblée générale, que le chef du gouvernement nigérien a par ailleurs visé la France, qu’il accuse de conduire une « entreprise perfide » de déstabilisation dans la région du Sahel, une tentative selon lui « désormais très documentée ». Il a qualifié ce que certains appellent le terrorisme dans la région d’« ingénierie cynique de recolonisation », habillée des « oripeaux de l’extrémisme », la motivation réelle résidant selon lui dans la convoitise de richesses telles que « l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina, le lithium, le gaz, le pétrole ». Il a également accusé Paris d’agir « bien souvent par l’entremise de ses proxys locaux, de réseaux et de complicités », assurant que « notre Sahel est déterminé à défendre sa liberté, ses ressources et sa dignité, quel qu’en soit le prix ». Ces accusations font écho à celles formulées début septembre par le gouvernement nigérien, qui avait mis en cause la France dans une tentative de déstabilisation orchestrée dans la nuit du 28 au 29 août, en évoquant une « documentation conséquente » sur cette affaire.

Salim Amokrane

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