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France : La colère des lycéens réveille le spectre d’un embrasement social

À la veille d’une grande manifestation nationale prévue ce mardi 6 octobre, la mobilisation des lycéens et des étudiants, qui a fermé des centaines d’établissements, nourrit en France la crainte d’un embrasement social plus large, alors que syndicats et responsables politiques s’affrontent sur la gestion de la contestation. La protestation a pris en quelques jours une ampleur nationale. Le 1er octobre, plus de 900 actions et blocages ont été recensés à travers le pays, tandis que plusieurs universités rejoignaient le mouvement. En Île-de-France, plus de 160 des 468 lycées publics devaient rester fermés lundi, a indiqué la présidente de la région, Valérie Pécresse. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante dénoncent le manque d’enseignants et de personnels, les classes surchargées, la vétusté des établissements et la précarité qui touche une part croissante des jeunes et de leurs familles. Elles appellent à « bloquer lycées et facs » et à une grande manifestation de la jeunesse.

La contestation ne se limite plus aux établissements scolaires. La CGT et plusieurs syndicats de l’éducation nationale appellent à soutenir les jeunes, y compris par la grève, et les salariés de l’énergie doivent eux aussi cesser le travail mardi. La centrale affirme que près de 3 000 lycéens et étudiants ont été interpellés depuis le début du mouvement et que 170 ont été blessés, des personnels l’ayant également été, parfois gravement. Elle réclame la fin immédiate de la répression des lycéens. Ce regain de tension s’inscrit dans un climat de crispation sociale installé de longue date. Dès la rentrée 2025, les syndicats avaient mobilisé contre les orientations budgétaires du gouvernement, revendiquant un million de manifestants le 18 septembre, autour du gel des pensions et des salaires publics, des suppressions de postes et de la réforme des retraites. Un an plus tard, la jeunesse reprend le flambeau, avec des revendications qui rejoignent celles des salariés, des conditions de travail, avenir, pouvoir de vivre dignement.

L.S.

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