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Sahara occidental : le Front Polisario ferme la porte aux « faux-semblants »

À quelques jours des consultations du Conseil de sécurité, le représentant de la RASD à l’ONU affirme que  le Front Polisario ne discutera que de ce qui permet au peuple sahraoui de choisir librement son destin, alors qu’un projet de rapport de Guterres circule déjà et nourrit les interprétations.

Le Front Polisario n’ira pas négocier l’inégociable. Le représentant du mouvement auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Omar, a fait savoir dimanche que son organisation refusait catégoriquement d’ouvrir le moindre débat sur ce qu’il appelle les « faux-semblants de solutions », ces formules taillées pour contourner le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. Le message tombe à point nommé, à quelques jours d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité prévue jeudi.

S’exprimant, selon l’Agence de presse sahraouie, sur les derniers développements du dossier et du processus onusien, le diplomate a rappelé que le Front « ne discutera que de ce qui permet au peuple sahraoui de décider de son sort en toute liberté ». Un droit, a-t-il insisté, inscrit dans les textes internationaux et qui ne souffre aucune négociation à la baisse. Il a également prévenu que les Sahraouis sont prêts à consentir des sacrifices pour défendre des droits qu’il juge « sacrés » et qui, dit-il, « ne se marchandent pas ».

Le représentant sahraoui ne cache pas que la période est semée d’embûches. La cause traverse, a-t-il reconnu, une phase pleine de défis qui exige de serrer les rangs et de conjuguer les efforts pour atteindre l’objectif final : l’indépendance nationale et le recouvrement de la souveraineté sur l’ensemble du territoire de la République arabe sahraouie démocratique.

Ce que prévoit le rapport de Guterres

Sur le projet de rapport du secrétaire général de l’ONU, Sidi Mohamed Omar a tenu à remettre les pendules à l’heure. Il s’agit, a-t-il précisé, d’un texte non officiel, et il serait prématuré de le tenir pour parole d’Évangile. Le Conseil de sécurité entendra d’abord, jeudi, l’Envoyé personnel Staffan de Mistura sur le processus politique, puis le chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, sur la situation du terrain.

Dans la version qui circule auprès des protagonistes, Antonio Guterres recommande de prolonger le mandat de la mission jusqu’au 31 octobre 2027, tout en précisant que sa structure et ses effectifs devront évoluer au rythme des avancées politiques. Le document rappelle surtout, noir sur blanc, « l’importance capitale d’une consultation libre et transparente du peuple sahraoui sur toute solution négociée », condition indispensable à l’exercice effectif de l’autodétermination.

Le texte relève que des pourparlers réunissant le Maroc et le Polisario ont repris au premier trimestre 2026, une première en près de sept ans, sous l’égide de Staffan de Mistura et avec les États-Unis, à Washington et à Madrid. Le plan d’autonomie marocain y est présenté comme base de discussion, non comme une issue imposée, tandis que le Polisario a déposé ses propres propositions, notamment sur les garanties post-référendaires. Les débats explorent aussi l’idée d’un Conseil de transition, assortie de mécanismes d’amnistie, de partage des ressources et de désarmement.

Reste la question que le Front pose avec constance, toute solution au conflit ne vaut que si elle est soumise au libre choix des Sahraouis. Sur ce point, Sidi Mohamed Omar n’a laissé aucune place au doute, et réaffirme l’attachement du peuple sahraoui à son droit à l’autodétermination.

Lyes Saïdi

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