Solidarité nationale : Autisme et gérontologie au menu de la nouvelle année de formation
Un programme entièrement remanié, de nouveaux modules sur l’autisme et la gérontologie, et, une première, un guide remis aux stagiaires, l’année de formation 2026-2027 des centres nationaux spécialisés s’ouvre sous le signe de la réforme. La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a présidé mardi, au Centre national de formation des personnels spécialisés (CNFPS) de Birkhadem, à Alger, la cérémonie d’ouverture, selon un communiqué de son département. Le changement le plus notable tient au nouveau programme de formation spécialisée, qui entre en vigueur dès cette rentrée. Il repose sur l’arrêté interministériel du 12 août 2025, qui fixe les conditions d’accès à cette formation pour les grades des corps spécifiques de l’administration de la solidarité, ainsi que ses modalités d’organisation. Le texte a été publié pour la première fois au Journal officiel. « A partir de cette année, un nouveau programme de formation spécialisée sera mis en œuvre », a annoncé la ministre. Les contenus pédagogiques ont été revus pour coller à l’évolution des pratiques de prise en charge. Mme Mouloudji a cité l’introduction de nouveaux modules et thématiques portant sur les troubles du spectre de l’autisme, l’éducation précoce, l’éducation des enfants aux besoins spécifiques et l’éducation physique adaptée. S’y ajoutent les techniques d’accompagnement dans la vie scolaire, sociale et professionnelle, la gérontologie et les stratégies d’enseignement destinées aux personnes concernées. L’organisation pédagogique de la formation a, elle aussi, été actualisée. Autre nouveauté, le guide du stagiaire, élaboré pour la première fois. Selon la ministre, il vise à « uniformiser les méthodes de travail », à définir les étapes du parcours et à offrir « un référentiel clair » aussi bien aux stagiaires qu’à leurs encadreurs. Le dispositif s’accompagne de la mise à jour de la circulaire ministérielle n° 02 du 31 janvier 1993, qui régit l’organisation pédagogique de cette formation. Il s’agit, a-t-elle expliqué, de l’adapter aux changements induits par la réforme des programmes et de permettre un suivi plus régulier du parcours de chaque stagiaire. Le communiqué précise que l’accent est également mis sur le volet pratique et sur l’adéquation entre les connaissances acquises et la réalité du travail dans les établissements spécialisés.
La ministre a voulu donner à cette formation une portée plus large qu’un simple cursus. Elle y voit « un investissement direct dans la ressource humaine » et « un pilier essentiel » pour améliorer les performances des établissements. L’objectif est de préparer des professionnels capables d’assumer leurs missions avec responsabilité et engagement, en phase avec les spécificités du secteur. Le secteur entend aussi s’ouvrir à la recherche scientifique et aux études appliquées, et encourager les initiatives susceptibles de faire évoluer les pratiques professionnelles. Mme Mouloudji a évoqué « l’ouverture du champ aux start-up, aux initiatives et aux projets innovants », afin de contribuer à des solutions modernes et applicables, qui répondent aux besoins des établissements et accompagnent les mutations du service public social. Elle a enfin rappelé aux futurs professionnels l’exigence de leur mission. Celle-ci suppose, a-t-elle dit, non seulement une qualification scientifique et professionnelle, mais aussi un sens de la responsabilité, de l’engagement et de la conscience professionnelle. Le public pris en charge par le secteur, a-t-elle insisté, a des besoins spécifiques. Cette rentrée illustre donc une évolution du secteur. La prise en charge des personnes aux besoins spécifiques passe désormais par des compétences pointues, de l’accompagnement de l’autisme à celui du grand âge.
Lyna Larbi

