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L’État muscle le budget de l’Hydraulique en 2027 : 700 milliards de dinars pour sécuriser l’eau des Algériens 

Le secteur de l’Hydraulique disposera en 2027 de 697,3 milliards de dinars en crédits de paiement, soit près de 700 milliards et 31 % de plus qu’en 2026. Le ministre, Lounès Bouzegza, l’a annoncé mardi 20 octobre en présentant le projet de loi de finances (PLF) 2027 devant la Commission des finances et du budget de l’APN. La réunion était présidée par le vice-président de la commission, Abdenour Belarbi, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali.

Les autorisations d’engagement, qui mesurent l’ampleur des projets à lancer, progressent encore plus vite. Elles avoisinent 895 milliards de dinars, en hausse de 141 % sur un an. Le message est clair , après l’effort déjà consenti, l’État veut accélérer la cadence des chantiers.

Pour la mobilisation des ressources, 55,816 milliards de dinars financeront 91 nouvelles opérations, auxquelles s’ajoute la réévaluation de 11 projets en cours. Les forages y tiennent une place de choix, avec 56 opérations de réalisation, d’équipement et de raccordement de puits dans 49 wilayas, pour plus de 24 milliards. Le programme prévoit aussi la réhabilitation et l’équipement de barrages et de transferts déjà en exploitation. L’essentiel de l’effort ira toutefois à l’eau potable et industrielle, avec plus de 560 milliards de dinars. Cela représente 173 nouvelles opérations et la réévaluation de 36 chantiers en cours. Ces moyens serviront d’abord à raccorder, en aval, les nouvelles stations de dessalement de Chlef, Mostaganem et Tlemcen, c’est-à-dire à acheminer l’eau produite jusqu’au robinet du citoyen. Vingt-six réservoirs, pour 12,2 milliards, viendront renforcer le stockage à travers le pays. L’agriculture n’est pas oubliée, avec 23 nouvelles opérations d’irrigation pour plus de 42 milliards de dinars, soit 5,7 % des investissements, dont 12 études d’aménagement et de création de périmètres irrigués. L’assainissement et la protection de l’environnement absorberont près de 120 milliards, pour 90 nouvelles opérations et 15 réévaluations. Parmi elles figurent des systèmes d’assainissement pour 37,7 milliards et 19 opérations de protection des villes et des zones urbaines. Ces arbitrages s’appuient sur un socle déjà solide. Le ministre a affirmé que « grâce aux orientations du président de la République et à la vision prospective du secteur », le pays est « à un niveau confortable en termes d’approvisionnement en eau potable ». Il a attribué cette situation au recours à d’autres ressources, comme le dessalement de l’eau de mer et les eaux épurées destinées à l’agriculture et à l’industrie.

Les chiffres rendus publics ces derniers mois le confirment. L’Algérie exploite 82 barrages, auxquels s’ajoutent cinq ouvrages en cours de réalisation. Leur capacité dépasse 8 milliards de mètres cubes, pour des réserves actuelles de 4,5 milliards. Le pays compte 19 grandes stations de dessalement, d’une capacité de 3,8 millions de mètres cubes par jour, complétées par douze petites stations de 300 000 mètres cubes quotidiens. Le dessalement fournit désormais 40 % de l’eau consommée. Le parc d’épuration comprend 234 stations en service et 78 en chantier. Le président de la République a, de son côté, annoncé le lancement de nouveaux projets de dessalement en 2026, avec pour objectif une couverture de 62 % des besoins hors nappes phréatiques.

Chokri Hafed

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