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Alger et Niamey signent un accord militaire : L’Algérie s’engage aux côtés du Niger

Reçu à l’état-major de l’ANP à la tête d’une délégation de haut rang, le ministre nigérien de la Défense, le Général d’Armée Salifou Modi, a signé mercredi avec Alger un protocole d’accord de coopération militaire. Une étape de plus dans le rapprochement amorcé en février entre les deux voisins, au moment où le Sahel reste confronté à de lourds défis sécuritaires.

L’Algérie et le Niger ont signé, mercredi au siège de l’Etat-major de l’ANP, un protocole d’accord dans le domaine de la coopération militaire. À l’issue de l’audience accordée par le Général d’Armée Saïd Chanegriha au ministre de la Défense nationale du Niger, « pays frère », « les deux parties ont signé un protocole d’accord dans le domaine de la coopération militaire », conclut le communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN). Le Général d’Armée Salifou Modi effectuait « une visite de travail en Algérie à la tête d’une délégation militaire de haut rang ». La cérémonie d’accueil a été « entamée par le salut du drapeau national, l’écoute des deux hymnes nationaux et la présentation des honneurs militaires » par une formation représentant les différentes Forces de l’ANP. Y ont pris part « les Commandants des Forces terrestres et aériennes, le Commandant de la Gendarmerie nationale, le Directeur de Cabinet auprès du MDN, des Chefs de départements et des Directeurs du MDN et de l’Etat-major de l’ANP, ainsi que les membres de la délégation nigérienne ». Un dispositif qui dit l’importance accordée à la rencontre.

Dans son allocution, le chef d’état-major de l’ANP a souligné « la disposition de l’Algérie à consolider sa coopération militaire bilatérale ». « Cette visite s’inscrit dans le prolongement de celle que vous avez effectuée il y a quelques jours. Elle illustre notre volonté commune de hisser la coopération militaire bilatérale et de relever, avec toute l’efficacité et l’engagement requis, les défis qui se posent à nous », a-t-il déclaré. « Je saisis cette occasion pour vous réaffirmer l’entière disposition de l’ANP à examiner toute proposition nigérienne de nature à renforcer notre coopération militaire et sécuritaire, au service des intérêts suprêmes de nos deux pays frères et en droite ligne de la ferme volonté de leurs dirigeants», a-t-il ajouté.

Le ministre nigérien a, de son côté, « salué le niveau de coordination multidimensionnelle entre les armées des deux pays frères ». C’est la deuxième fois en huit jours que le Général Modi est reçu à Alger. Le 13 octobre, M. Chanegriha avait inscrit cette venue dans le sillage de la « visite historique » effectuée par le président Abdourahamane Tiani les 15 et 16 février, une « étape charnière » dans les relations entre les deux pays. La délégation nigérienne a par ailleurs été reçue par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense nationale.

Le rapprochement est aujourd’hui consolidé. À l’issue de la visite de M. Tiani, le communiqué conjoint algéro-nigérien a consacré la conviction des deux dirigeants que l’avenir du Sahel sera bâti par les pays de la région eux-mêmes, à travers des solutions locales et inclusives. Il a aussi acté la relance des mécanismes bilatéraux, dont la Commission mixte, réunie depuis à Niamey sous la coprésidence du Premier ministre Sifi Ghrieb et de son homologue nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine. La coopération militaire et sécuritaire figurait parmi les priorités de ces échanges.

Cette dynamique dépasse le seul volet militaire. La revue de l’ANP, El-Djeïch, a rappelé en octobre l’aide militaire récemment apportée à l’armée nigérienne et mis en avant la route transsaharienne, le gazoduc transsaharien, ainsi que les centrales électriques et les projets pétroliers au Niger. Elle a également insisté sur la nécessité, pour les pays africains, de renforcer leurs capacités nationales afin de bâtir un espace régional sûr et stable.

Cette solidarité s’est traduite par des actes. L’Algérie avait remis, l’été dernier, au Niger quatre hélicoptères militaires, accompagnés de pièces de rechange et de matériel de maintenance, de soutien et de logistique. Ils avaient décollé de la base de déploiement secondaire d’In Guezzam, en 6e Région militaire, avant de rallier Niamey. Puis, au lendemain de la tentative de putsch survenue dans la nuit du 28 au 29 août, qui avait visé notamment la base aérienne 101, l’Algérie a répondu présente. À la demande des autorités nigériennes et sur instruction du président de la République, chef suprême des forces armées, le Général d’Armée Saïd Chanegriha a ordonné l’envoi de deux patrouilles de chasseurs Su-30, soit quatre appareils, appuyées par un avion ravitailleur. Elles se sont posées à Niamey dès la matinée du dimanche 30 août, dans le cadre d’une mission de soutien à l’armée nigérienne face à la « tentative de déstabilisation de l’État du Niger ». Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, est venu en personne accueillir les appareils à l’aéroport et a remercié le président Tebboune et le peuple algérien pour cet appui.

L’enjeu sécuritaire reste au cœur de cette convergence. L’Algérie et le Niger partagent plus de 900 kilomètres de frontière, et la lutte contre le terrorisme et le crime organisé est depuis longtemps un volet de leur concertation. Elle s’accompagne d’une coopération ancienne en matière de formation, universitaire comme militaire et sécuritaire. Dans le même temps, groupes armés, trafics et porosité des frontières continuent de peser sur la stabilité de toute la région. Le communiqué du MDN ne détaille ni le contenu du protocole ni ses modalités de mise en œuvre. Le signal est pourtant clair. L’Algérie se tient prête à accompagner son voisin, pour que les réponses aux crises du Sahel viennent des pays de la région eux-mêmes.

Salim Amokrane

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