Eni relève ses prévisions pour 2026 : L’Algérie pèse dans la stratégie du groupe italien
Le géant italien de l’énergie Eni sort des résultats solides et relève ses objectifs. À l’occasion de la publication de ses comptes du troisième trimestre et des neuf premiers mois de 2026, le groupe a porté ses prévisions de flux de trésorerie opérationnels ajustés à 16,5 milliards d’euros, tout en poursuivant son expansion internationale. Dans ce paysage, l’Algérie demeure l’un de ses points d’appui en Afrique du Nord, à travers son partenariat avec Sonatrach, selon des informations rapportées par la plateforme basée à Washington Attaqa. Côté rémunération des actionnaires, le groupe a relevé son programme de rachat d’actions à 3,8 milliards d’euros et accordé un dividende exceptionnel de 1,3 milliard d’euros. Sur le plan opérationnel, la production de sa branche Exploration et Production a progressé de 7 % sur un an au troisième trimestre, pour atteindre 1,83 million de barils équivalent pétrole par jour. Forte de cette dynamique, la compagnie a revu à la hausse sa prévision de croissance de la production organique de pétrole et de gaz, désormais comprise entre 6 % et 7 % pour l’ensemble de l’exercice.
Les indicateurs financiers confirment cette bonne tenue. Le résultat d’exploitation ajusté avoisine les 6 milliards d’euros sur le trimestre, tandis que le bénéfice net ajusté grimpe à 2,8 milliards d’euros. À fin septembre, la dette nette s’établit à 6,7 milliards d’euros, ce qui ramène le ratio d’endettement ajusté à 9 %. Ces chiffres traduisent, selon les deux médias, la volonté du groupe d’accroître sa production et d’optimiser le rendement de son portefeuille. Il mène en parallèle la restructuration de certains actifs et le développement de nouveaux projets d’envergure en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est.
Qu’en est-il de l’Algérie ? Le portefeuille d’Eni dans le pays repose sur un ensemble d’accords et de projets d’exploration et de développement dans les hydrocarbures. D’après le bilan de ses activités pour 2025, le groupe a conclu avec Sonatrach un contrat de trente ans pour explorer et exploiter la zone de Zemlet El Arbi, sur une superficie proche de 4 200 kilomètres carrés. La compagnie italienne a par ailleurs décroché des droits sur le bloc Reggane 2, lors du cycle d’appel d’offres algérien de 2024. Elle a aussi porté sa participation dans la licence du gisement de Touat à 42,9 %.
Ces opérations s’insèrent dans le portefeuille nord-africain du groupe, qui comprend également des activités en Égypte, en Libye et en Tunisie. Elles côtoient les grands projets qu’Eni déploie à travers le monde. Reste que le partenariat entre Eni et Sonatrach s’inscrit dans la durée. Avec un contrat de trente ans sur Zemlet El Arbi et une participation renforcée à Touat, la compagnie italienne a fait de l’Algérie un terrain d’investissement de long terme.
Sabrina Aziouez

