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La Cisjordanie étouffée, Ghaza menacée de famine : L’ONU tire la sonnette d’alarme

L’ONU s’est dite « extrêmement alarmée » par l’escalade de la violence en Cisjordanie occupée, au lendemain de nouvelles restrictions de circulation imposées par l’entité sioniste, tandis que le ministère palestinien des Affaires étrangères a réclamé samedi une « action internationale urgente » qui aille au delà de la simple condamnation, face aux déplacements forcés d’habitants d’Al Khalil. Vendredi, des responsables sionistes ont ordonné le bouclage de la ville et annoncé des perquisitions maison par maison, ainsi que des démolitions de logements. Ils ont même brandi la menace d’une offensive d’une ampleur inédite depuis la guerre des Six Jours. Les accès à Al Khalil ont été fermés et la mosquée Ibrahimi n’a pas échappé à la mesure, privant les fidèles de la prière du vendredi. Lors du point de presse quotidien à New York, le porte parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que le Secrétaire général, Antonio Guterres, était profondément préoccupé par le sort des civils palestiniens, relevant que ces bouclages entravent gravement la liberté de mouvement, l’accès aux services de base et les moyens de subsistance. Pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, il s’agit d’un nouvel épisode dans une série interminable de mesures étouffantes. Sa porte parole, Mayy El Sheikh, y voit une logique de punition collective, rappelant que l’occupant recourt systématiquement aux bouclages, aux raids et aux détentions arbitraires à chaque incident sécuritaire. Elle a aussi tiré la sonnette d’alarme sur la saison des olives, source vitale de revenus pour des milliers de familles, dont de nombreux agriculteurs se voient déjà interdire l’accès à leurs oliveraies. Cette flambée survient dans un climat où les exactions des colons atteignent des niveaux records, selon l’ONU. Le HCDH a recensé plus de 160 attaques durant les deux premières semaines d’octobre, avec des tirs à balles réelles, des incendies criminels, des vols de récoltes et des oliveraies saccagées. M. Guterres a condamné cette multiplication des agressions, rappelant qu’en tant que puissance occupante, l’entité sioniste a l’obligation de protéger la population palestinienne et de traduire les responsables en justice. Le chef de l’ONU avait d’ailleurs réaffirmé en juillet dernier que les colonies sionistes en Cisjordanie occupée, El Qods comprise, sont dépourvues de toute validité juridique, en s’appuyant sur l’avis consultatif de la Cour internationale de justice du 19 juillet 2024.

Dans la bande de Ghaza, c’est un autre front de la détresse qui s’ouvre. Les autorités palestiniennes mettent en garde contre une famine imminente après le blocage par l’occupant des livraisons de farine. Selon le président de l’Association des boulangers, Abdel Nasser al Ajrami, dix des 17 boulangeries en activité ont baissé rideau, aucune cargaison n’ayant été autorisée depuis plus de dix jours. Les habitants patientent des heures pour un morceau de pain. Le ministère du Développement social évoque une catastrophe humanitaire imminente et dénonce une politique systématique visant à affamer la population et à faire de la nourriture une arme contre des civils non armés. La malnutrition aiguë gagne du terrain chez les enfants, les malades et les personnes âgées. L’alerte intervient peu après l’annonce du Programme alimentaire mondial de mettre fin à son aide à plus de 500.000 Palestiniens, faute de financement, alors que les boulangeries qu’il soutient ne couvrent que 25 % des besoins en pain. Le bilan humain, lui, ne cesse de s’alourdir. L’agression génocidaire sioniste a fait 74.540 martyrs et 175.678 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires de Ghaza. Au moins 1.547 Palestiniens sont tombés en martyrs depuis l’entrée en vigueur du cessez le feu, le 10 octobre 2025, ce qui en dit long sur le respect de la trêve par l’occupant.

Face à cette situation, Ramallah appelle la communauté internationale à rompre le silence et à adopter des mesures concrètes et dissuasives.

L.S.

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