Culture

Festival de la blouza algérienne  : Un défilé de gala à la Médiathèque d’Oran

Broderies chatoyantes, coupes soignées et étoffes qui miroitent sous les projecteurs, la Médiathèque d’Oran s’est muée, vendredi soir, en un immense podium pour la troisième édition du Festival de la blouza algérienne. Créateurs et artisans venus de plusieurs wilayas y ont fait revivre, sous les applaudissements du public, une tenue traditionnelle qui n’a rien perdu de son éclat. Dans une ambiance festive où l’élégance a croisé l’authenticité, les défilés se sont succédé pour mettre en lumière les particularités de la blouza d’une région à l’autre entre coupes, motifs, broderies et techniques d’ornementation. Cette diversité, fruit de traditions locales patiemment transmises, a de quoi donner le tournis aux visiteurs, invités à découvrir les dimensions historiques et esthétiques d’un habit gravé dans la mémoire collective, mais qui sait aussi se réinventer au gré des créations des stylistes et du savoir-faire des artisans, soucieux de le léguer aux nouvelles générations.

Invitée à la manifestation, la directrice de la culture et des arts de la wilaya, Bouchra Salhi, n’a pas caché sa satisfaction. Elle a qualifié l’événement de « tableau artistique et culturel réunissant le patrimoine matériel et immatériel », rappelant que la Médiathèque demeure l’un des repères culturels de la ville et que la blouza oranaise est une composante authentique de son patrimoine immatériel. Mais l’habit, a-t-elle précisé, ne se limite pas à Oran : on le retrouve dans plusieurs régions de l’Ouest, comme un fil qui coud le costume traditionnel national. Aussi le ministère de la Culture et des Arts œuvre-t-il à l’inscription de la blouza oranaise auprès de l’UNESCO, afin de la valoriser et d’affirmer son caractère authentiquement algérien. La responsable a également insisté sur le fait que la sauvegarde du patrimoine n’est pas la seule affaire du secteur de la culture, mais une responsabilité collective, qui appelle à la mobilisation des habitants, des associations patrimoniales et de tous les passionnés.

Cette année, le festival a élargi son horizon. Mise à l’honneur lors des deux précédentes éditions, la blouza oranaise a partagé la vedette avec les tenues de Tlemcen, de Mascara, de Mostaganem et d’autres régions, histoire de souligner les ressemblances entre ces habits sans gommer ce qui fait l’identité de chacun. La blouza tlemcénienne, par exemple, se distingue par une palette de sept à huit variantes, tandis que celles de Mascara et de Mostaganem affichent chacune leurs propres touches en matière de conception, de broderie et d’ornementation.

Au-delà du spectacle, la rencontre a servi d’espace d’échange entre créateurs, artisans et public. L’occasion de rappeler combien la confection de cette tenue exige d’attention aux détails, de précision dans la broderie et de minutie dans le choix des tissus et des motifs. Un travail d’orfèvre qui rappelle, si besoin était, le rôle de l’artisanat dans la préservation de l’identité culturelle.

M.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *