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Cisjordanie occupée : Une commission de l’ONU accuse l’entité sioniste de crimes contre l’humanité

La Commission internationale indépendante d’enquête des Nations unies sur la Cisjordanie occupée a affirmé lundi, dans son dernier rapport, que l’entité sioniste a commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, dont l’extermination, la torture, la persécution, le viol et d’autres formes de violence sexuelle, tandis que les actes génocidaires se poursuivent à Ghaza.

Les enquêteurs onusiens établissent que les responsables et les forces israéliens ont persisté dans ces actes « même après le prétendu accord de cessez-le-feu », avec l’intention de détruire, totalement ou partiellement, le peuple palestinien. Le bilan communiqué lundi par les autorités sanitaires palestiniennes en donne la mesure. L’agression génocidaire sioniste contre l’enclave a fait 74 555 martyrs et 175 727 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, le 10 octobre 2025, au moins 1 559 Palestiniens sont tombés en martyrs et 5 608 autres ont été blessés. Les chiffres du ministère de la Santé de Ghaza sont jugés fiables par l’ONU.

En Cisjordanie occupée, la dégradation est vertigineuse. Entre 2008 et le 6 octobre 2023, six Palestiniens avaient été tués dans des frappes aériennes ; ils sont 254 entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026. Selon la commission, ils ont été ciblés en raison de leur nationalité, de leur race, de leur origine ethnique, de leur sexe et de leur âge. Le rapport affirme que des enfants ont été délibérément tués, en Cisjordanie comme à Ghaza, et que la violence sexuelle sert à déplacer, soumettre et déstabiliser la population. Les opérations menées depuis janvier 2025 ont provoqué le plus grand déplacement de Palestiniens depuis 1967 et a touché 34 176 personnes en août 2026. La commission y voit une attaque généralisée et systématique contre les civils, relayée par les violences des colons qui s’emparent des terres palestiniennes.

Cette réalité se vérifie sur le terrain. À Al-Khalil, plus de 3 000 personnes, dont près de 500 familles, ont été déplacées depuis vendredi, a indiqué la municipalité. 3 189 déplacés, dont 209 enfants de moins de deux ans et 258 personnes âgées de 60 ans ou plus. Le Premier ministre de l’entité sioniste Benjamin Netanyahu a ordonné aux habitants de rassembler leurs affaires et de quitter leur domicile, et l’armée d’occupation a annoncé un bouclage total de la Cisjordanie pour le jour des élections israéliennes. À Ghaza, plus de 200 familles ont été jetées à la rue après l’incendie, par l’armée sioniste, de tentes de déplacés au carrefour d’Al-Choujaïya. Le ministère palestinien des Travaux publics et du Logement a dénoncé des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, commis « sous une couverture politique et militaire totale », dans un « silence international injustifiable ».

Pour le président de la commission, l’Indien Srinivasan Muralidhar, ces homicides, ces destructions de maisons et le déni persistant de responsabilité s’inscrivent dans une stratégie visant à détruire les Palestiniens, à les déplacer et à leur imposer des conditions de vie impossibles. Il rattache cette politique à des pratiques coloniales historiques et accuse Israël d’entraver tout exercice du droit à l’autodétermination.

Alors que la Cour internationale de justice avait, dès janvier 2024, alerté sur un « risque réel et imminent » de préjudice irréparable, les autorités palestiniennes exhortent l’ONU, le Conseil de sécurité et les organisations de défense des droits humains à rompre un silence suspect, et à agir enfin.

Lyes S.

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