Sécurité hydrique : Une enveloppe de 1 469 milliards de dinars mobilisée
Le pays n’a pas à redouter une crise de l’eau dans les années à venir. L’assurance a été donnée ce lundi par le ministre de l’Hydraulique, Lounes Bouzegza, invité du « Forum de la Première » sur les ondes de la Radio Chaîne 1. Il a avancé une enveloppe de 1 469 milliards de dinars pour les projets inscrits, destinée à renforcer la sécurité hydrique à l’échelle nationale. M. Bouzegza a replacé cet effort dans la priorité que le président Abdelmadjid Tebboune accorde au secteur, confronté au dérèglement climatique, à la dynamique de développement et à une demande en eau toujours plus soutenue. Il a écarté les inquiétudes qui circulent sur un avenir sans eau, soulignant que l’approvisionnement connaît une stabilité réelle depuis quelques années et qu’il ira en s’améliorant. Le pays compte aujourd’hui 82 barrages remplis à environ 60 %. Trois ouvrages ont été réceptionnés cette année, 28 autres sont à l’étude, et 18 grands transferts ainsi que des projets d’interconnexion entre barrages complètent le dispositif. Le dessalement demeure la pierre angulaire de la stratégie. Le ministre y voit « la solution idéale pour pérenniser cette ressource vitale et assurer la sécurité hydrique, face à des pluies irrégulières ». L’Algérie dispose de 19 grandes stations et de 12 unités de taille moyenne, qui produisent 3,6 millions de mètres cubes par jour et desservent environ 40 % de la population. Les stations d’El Tarf et de Béjaïa, dans l’Est, doivent être livrées avant la fin de l’année. Le raccordement de Blida à la station de Fouka, à Tipaza, sera lancé lui aussi à l’occasion de la commémoration du 1er Novembre. Plusieurs chantiers d’envergure sont sur le point de démarrer. Celui qui reliera 15 communes de la wilaya de Sétif au barrage de Dhraâ Diss, pour 18 milliards de dinars, s’ouvrira officiellement à la même date. Dans l’extrême Sud, une conduite d’environ 250 kilomètres, estimée à près de 26 milliards de dinars, reliera Tanezrouft, à Bordj Badji Mokhtar, au champ de Tizaouatine, à In Guezzam. Le raccordement à distance des wilayas intérieures et des Hauts Plateaux sera également engagé. Plus au sud encore, la station d’In Salah, d’une capacité de 60 000 mètres cubes, alimentera aussi Tamanrasset à 700 kilomètres de distance, tandis que Tindouf verra sa station agrandie et dotée d’une unité neuve de 10 000 mètres cubes par jour. Pour le ministre, ces réalisations traduisent la vision du chef de l’État, qui veut corriger les déséquilibres entre les régions du pays.
Le ministre a enfin évoqué les eaux usées. Le pays compte 237 stations d’épuration, de tailles variées, qui produisent environ 1,12 milliard de mètres cubes avec un taux de récupération de 55 %. Longtemps destinées à protéger l’environnement et à prévenir maladies et pollution, ces eaux traitées prendront désormais une vocation économique, en particulier dans l’agriculture et l’industrie, au cœur des grands projets structurants.
Sabrina Aziouez

