À la UneÉconomie

Le gazoduc transsaharien passe à la phase des chantiers : Un projet prioritaire pour le Sahel

Présents à Moscou en marge du Forum des pays exportateurs de gaz, les ministres algérien et nigérian des hydrocarbures ont confirmé que le TSGP a quitté le terrain des études pour celui du chantier. Mohamed Arkab voit dans le projet un levier d’intégration énergétique africaine, Ekperikpe Ekpo une priorité nationale pour Abuja.

Le gazoduc transsaharien est sorti des cartons. Lundi, à l’issue de la 28e réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), le ministre d’Etat et ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a affirmé que le projet « est passé de l’étape des études de faisabilité à celle de la réalisation sur le terrain », ce qui « renforce la sécurité des approvisionnements énergétiques ». Il a rappelé que ce passage a suivi l’adoption de l’étude de faisabilité actualisée en juin 2026 et le lancement officiel, le 4 juin à Adrar, des travaux du tronçon algérien. Pour M. Arkab, l’enjeu dépasse la seule sécurité d’approvisionnement. Le projet vise aussi « le soutien à l’intégration régionale, le développement des infrastructures et la valorisation des ressources naturelles africaines », autant de leviers qui doivent « contribuer à la dynamique économique du continent ». Il y voit la traduction concrète de l’intégration énergétique régionale, avec la valorisation du gaz nigérian, son acheminement par le Niger et son raccordement au réseau gazier algérien, avant l’exportation vers les marchés internationaux, notamment européens.

Le ministre a replacé ce chantier dans la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui consiste à permettre aux pays africains d’exploiter leurs propres ressources énergétiques. Il a mis en avant le transfert de technologie assuré par Sonatrach, en citant ses projets au Niger, ceux qui sont attendus prochainement au Sénégal, ainsi que son appui à la Namibie dans le développement de ses structures d’hydrocarbures. Sur la coopération avec la Russie, M. Arkab a indiqué que trois grands projets communs en Algérie donnent des résultats « très positifs ». Il a dit souhaiter élargir le partenariat aux services pétroliers dans les puits et au transport du gaz. Il a ajouté que l’Algérie bénéficie de la confiance de ses clients grâce au respect de ses engagements contractuels, un point salué par les pays membres du forum durant la réunion. Il a insisté sur « l’importance de compter sur un pays comme l’Algérie, qui dispose de l’expérience et des capacités nécessaires pour honorer ses engagements » sur le marché gazier. À propos de la réunion ministérielle préparatoire au huitième sommet du forum, prévu mardi, le ministre a souligné la nécessité de réunir « les conditions favorables à l’encouragement des investissements », compte tenu de leur rôle dans le développement de la production et la stabilité du marché. Il a signalé l’intérêt de nombreuses grandes compagnies mondiales pour le round « Algeria Bid Round 2026 ». Il a aussi évoqué l’Institut de recherche sur le gaz du forum, basé à Alger, auquel l’Algérie accorde « une grande importance » en lui assurant les moyens techniques modernes pour atteindre l’excellence et jouer son rôle à chaque étape de la chaîne de valeur du gaz naturel.

La réunion, présidée par M. Ekpo en présence du secrétaire général du GECF, Philip Mshelbila, a également porté sur la recherche, l’innovation, le transfert de technologie et la réduction des émissions de méthane et du torchage. M. Arkab a indiqué que Sonatrach a réduit le gaz torché d’un milliard de mètres cubes en trois ans, avec l’objectif du zéro torchage en 2030 et un travail conjoint avec la Commission européenne sur le méthane. Le sommet de Moscou, organisé du 25 au 27 octobre, doit adopter la « Déclaration de Moscou » et examiner les défis de l’industrie gazière mondiale.

De son côté, M. Ekpo a mis en avant les retombées économiques du gazoduc pour les pays du Sahel et affirmé que le Nigeria réaliserait une conduite reliant le sud au nord de son territoire. Dans une déclaration à l’APS, il a qualifié le TSGP de « projet prioritaire ». « Je me suis rendu en Algérie il y a quelques mois, accompagné d’un représentant de la compagnie pétrolière nationale nigériane. Nous avons été reçus par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, auquel nous avons donné toutes les garanties quant à notre engagement à réaliser un gazoduc reliant le sud au nord du Nigeria. » Il a précisé que cette réalisation intervient en parallèle des travaux algériens lancés le 4 juin à Aoulef, que son pays investit dans le gaz pour répondre à la demande internationale et que les plans d’investissement se poursuivent. « Environ quatre décisions finales d’investissement ont été prises avec la participation de compagnies énergétiques internationales et nationales, ce qui permettra d’accroître la production », a-t-il dit, estimant que le gaz est la solution optimale aux besoins énergétiques mondiaux. Pour mémoire, l’ouvrage s’étend sur environ 4 128 kilomètres, dont 841 au Niger, pour une capacité de 20 à 30 milliards de mètres cubes par an. Au Niger, les relevés topographiques devaient débuter en octobre et la construction n’est pas attendue avant début 2027.

Amar Malki

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *