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Des scientifiques de la diaspora associés au projet de croisement des lignées Ouled Djellal et Dman :  Vers la création d’une nouvelle race de moutons en Algérie

 Annoncée à l’occasion du lancement d’un réseau national de recherche sur la production et la santé animales, la future race ovine est portée par plus de 300 chercheurs, algériens du pays et de la diaspora. Elle s’accompagne du développement de trois nouveaux aliments pour le bétail, avec des premiers résultats attendus d’ici six mois.

Une nouvelle race de moutons est en passe d’être créée en Algérie. L’annonce a été faite mardi à Alger lors du lancement officiel du réseau thématique de recherche sur la production et la santé animales, présidé par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari à l’École nationale supérieure agronomique (ENSA) d’El Harrach, en présence d’une représentante du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. La race naîtra du croisement entre l’Ouled Djellal et la Dman, deux souches bien connues des éleveurs algériens.  Le réseau, placé sous l’égide de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, réunit plus de 300 chercheurs et enseignants-chercheurs, 70 organismes de recherche et plus de 100 doctorants. Il associe aussi les compétences algériennes établies à l’étranger, grâce au concours du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger. Pour ce dernier, il s’agit de la première activité de terrain de son plan d’action.

Dans son allocution, M. Baddari a souligné l’importance d’associer la communauté scientifique et les chercheurs établis à l’étranger aux efforts de développement socioéconomique du pays. Il a également évoqué la réalisation de l’objectif de sécurité et de souveraineté alimentaires, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Le directeur de l’ENSA, Tarek Hartani, a rappelé l’importance stratégique du cheptel pour la sécurité alimentaire. Il a plaidé pour de meilleurs rendements et une meilleure qualité de la production, ainsi que pour un effort accru de prévention des maladies animales. Il a aussi cité les défis posés par le changement climatique, la baisse des ressources en eau et des parcours, et la hausse du coût des aliments du bétail. Autant de contraintes, a-t-il estimé, qui appellent des solutions scientifiques et technologiques durables.

Membre du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, le professeur Mohamed Gagaoua a présenté une communication intitulée « Vers une stratégie scientifique pour le développement de la production animale durable et de la filière viandes rouges en Algérie ». Il y a abordé l’amélioration de la productivité et de la qualité des viandes, par la sélection des races, les systèmes d’élevage et d’alimentation, le recours aux données génétiques et protéomiques et aux indicateurs biologiques. Il a aussi insisté sur la création d’une base de données nationale sur les ressources fourragères, leur valeur nutritive et leur disponibilité. Elle viserait à améliorer l’efficacité de conversion des aliments en produits animaux, en valorisant les ressources locales et les sous-produits de l’industrie agroalimentaire selon une approche d’économie circulaire. Pour lui, l’Algérie a besoin d’une stratégie de recherche intégrée qui renforce l’efficacité productive et reproductive, la qualité des viandes, la santé et le bien-être des animaux, et la compétitivité de la production nationale.

C’est dans ce cadre qu’ont été présentés les premiers résultats attendus. Les chercheurs travaillent à la mise au point d’une nouvelle race ovine par croisement entre l’Ouled Djellal, la race dominante du cheptel, et la Dman, connue pour sa prolificité. Trois types d’aliments pour animaux sont également en développement, dont un aliment dénommé SHEEPDATE CRSTRA. Les caractéristiques visées pour la future race n’ont pas été détaillées. Les premiers résultats des travaux du réseau seront présentés dans six mois, afin de suivre l’avancement des projets et d’évaluer leurs résultats. Le réseau relève du décret exécutif n° 19-233 du 13 août 2019, fixant les conditions et modalités de création des réseaux thématiques de recherche. Il doit être domicilié auprès de l’Agence thématique de recherche en sciences de la santé et de la vie (ATRSSV). Ses missions  consistent à définir les priorités de recherche selon les besoins du secteur, élaborer des projets communs, valoriser les résultats scientifiques et transférer les technologies vers les pratiques agricoles. Il lui appartient désormais de transformer ce cadre institutionnel en résultats tangibles sur le terrain, au service des éleveurs.

Sabrina Aziouez

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