Économie

Selon le président de l’AAPI : Baladna prépare un nouveau projet en Algérie

Le groupe qatari Baladna, déjà engagé dans le mégaprojet laitier d’Adrar, étudie un nouvel investissement en Algérie. C’est ce qu’a révélé le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, dans une déclaration à l’Agence de presse du Qatar (QNA), en marge de la 9e édition du Forum mondial de l’investissement, organisée à Doha en partenariat avec la CNUCED. Selon lui, la société « examine actuellement un autre projet, dont les préparatifs sont en cours » (QNA, 25 octobre 2026). Aucun détail n’a toutefois été donné sur la nature, la localisation ou le montant de cet investissement. Le responsable algérien a replacé cette annonce dans le cadre des relations privilégiées entre Alger et Doha, qu’il a présentées comme « un pilier essentiel » du renforcement de la coopération économique (QNA). Le projet de production de lait en poudre porté par Baladna en Algérie constitue, selon lui, « l’un des exemples les plus emblématiques » de cette coopération. Un investissement structurant dont le volume dépasserait les 3,5 milliards de dollars. M. Rekkache a également appelé les investisseurs qataris à explorer les opportunités offertes par l’Algérie et à envisager de nouveaux projets, au service des intérêts communs des deux pays.

Lancé officiellement en 2024 à Tamakten, le projet Baladna actuellement en développement à Adrar résulte d’un partenariat entre le Fonds national d’investissement (FNI) et Baladna. Il repose sur une intégration verticale complète avec des cultures fourragères, élevage bovin à très grande échelle et unité de transformation du lait en poudre. L’ambition affichée est de couvrir jusqu’à 50 % des besoins nationaux en poudre de lait, avec une production annuelle visée de plus d’un milliard de litres de lait, et de réduire ainsi la facture d’importation. Le périmètre, annoncé initialement à 117 000 hectares, atteindrait désormais 219 000 hectares selon les dernières présentations.

Le calendrier contractuel a, lui aussi, avancé. En juillet 2025, Baladna Algérie a signé quatorze contrats pour plus de 500 millions de dollars, consacrés à la première phase. Un second lot de contrats, dépassant les 635 millions de dollars et couvrant notamment les services et la fourniture de vaches, a été paraphé le 23 avril 2026 à Alger.

Sur le terrain, les travaux progressent. Le ministre de l’Agriculture, Sid Ali Khaldi, s’est rendu la semaine dernière à Adrar pour inspecter le chantier. Le taux d’avancement de l’usine de lait en poudre, située à Timokten, a atteint 28 %, selon les chiffres présentés lors de la visite. Le ministre a aussi vu l’enclos d’isolement et de quarantaine, aménagé près de l’aérodrome, destiné aux animaux importés. Ceux-ci ne devraient plus tarder. Les premiers bovins sont attendus fin novembre, dans le cadre d’un pont aérien qui doit acheminer environ 30 000 vaches Holstein, en provenance de neuf États américains, entre novembre 2026 et août 2027. À terme, le projet prévoit un cheptel de plus de 200 000 têtes. Le démarrage de la production de lait en poudre est, quant à lui, envisagé pour fin 2027. L’annonce de Doha vient ainsi confirmer la confiance du groupe qatari dans le marché algérien.

Amar Malki

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